IV.-
L'APPEL AUX FONDS PUBLICS A PERMIS DE RETARDER D'UN AN LE DÉPÔT
DE BILAN D'AIR LIB
A
l'issue d'une « aventure » somme toute brève, les
dettes publiques d'Air Lib représentent un peu plus de 130 millions
d'euros. Comment en est-on arrivé aussi rapidement à une telle
addition pour le contribuable ?
De
fait, la dégradation de la situation financière d'Air Lib
et son incapacité à trouver des investisseurs ont conduit ses
dirigeants à se tourner très tôt vers l'Etat en vue d'un
soutien financier. Afin de compenser la défaillance de Swissair,
une aide de 60 millions d'euros a été envisagée. La décision
de principe tant sur le montant que sur les modalités a été
prise lors d'une réunion entre les ministres concernés et le
Premier ministre le 3 janvier 2002. Une réunion
interministérielle du 7 janvier 2002, en présence de
membres du cabinet du Premier ministre a ensuite concerné la mise
en
œuvre de cette aide, qui
devait prendre deux formes. Comme l'indique le compte rendu de
cette dernière réunion :
« Postérieurement
à la réunion, le Premier ministre confirme le schéma d'aide
suivant :
- confirmation
d'un accord pour la mise en place d'un GIE fiscal pour
l'acquisition de deux Airbus A340 ;
- intervention
d'un prêt du FDES pour 30,5 millions d'euros versé à
hauteur de 16,8 millions d'euros le mardi 8 janvier, le
solde avant la fin du mois de janvier. »
Le
GIE tardant à se concrétiser, de fait c'est le prêt du Fonds de
développement économique et social (FDES) qui constituera l'aide
déterminante, marquant le début du soutien financier accordé
par l'Etat à la compagnie.
A
la suite du changement de majorité et après un temps consacré
à la prise de connaissance du dossier, le nouveau gouvernement a
décidé de prolonger le prêt du FDES et des contacts ont été
pris avec la compagnie en vu d'une éventuelle transformation de
l'aide au sauvetage en aide à la restructuration. L'essentiel du
soutien public a pris à partir de l'été la forme de moratoires
sur les dettes publiques d'Air Lib, ces dernières n'ayant cessé
de s'accumuler du printemps 2002 jusqu'à la liquidation de la
compagnie. Pourtant, en dépit de ce soutien massif, M.
Jean-Charles Corbet soutient que les pouvoirs publics et d'autres
acteurs sont responsables de la faillite de sa compagnie qui était,
selon lui, sur la voie de la convalescence... Le Rapporteur démontrera
que la réalité est bien différente