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FINANCIARISATION DE L'ECONOMIE


 

 

  

 

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Logique des marchés financiers et loi du marché

FINANCIARISATION DE L'ECONOMIE ET CAPITALISME FINANCIER

La financiarisation de l'économie est l'importance grandissante du recours au financement par endettement des agents économiques. Cette financiarisation se traduit par une augmentation notable de la part des activités financières dans le PIB des pays développés.  La valorisation des actifs se fait en fonction des valorisations par les marchés financiers . Les revenus des activités des activités de services dans la banque, l'assurance et les placements sont d'importance croissante, et les seuls primes des banquiers se chiffrent en milliards de dollars. L'ingénierie financière multiplie les types d'actifs financiers, les sommes en cause deviennent colossales, et si les profits sont énormes, il en est de même des pertes, les risques paraissant devenir hors de contrôle dans le cadre des dérapages et dérives financières.

La financiarisation de l'économie a été fortement accélérée par deux facteurs : l'un est le développement des financements internationaux et l'autre est la politique fiscale des Etats pour attirer les liquidités internationales.

Le développement des financements internationaux s'est fait dans le cadre de la mondialisation de l'économie mais en raison en particulier du développement des petro-dollars à la suite de l'augmentation des recettes pétrolières des pays exportateurs de pétrole. Cette abondance de liquidités qui a marqué la deuxième moitié des années 1970 s'est en particulier renouvelé dans les années 2000.

La libre circulation des capitaux devient la règle , mais au delà de cette libéralisation, les états cherchent à attirer les flux de capitaux internationaux. Pour attirer ces liquidités les états ont mis en place une défiscalisation partielle ou totale des versements d'intérêts à des prêteurs étrangers.  Il suffit alors que localiser le titulaire de la dette en zone défiscalisée ou à faible fiscalité pour mettre en place un financement dont le coût est déductible par l'emprunteur, à la différence de la rémunération des fonds propres, et qui n'est pas fiscalisé ou l'est faiblement. Le traitement fiscal de la dette a conduit au développement des opérations dites à effet de levier.

La financiarisation de l'économie a permis un développement considérable de l'activité financière. En 2007 40% des profits du secteur privé aux Etats Unis a été fait par les banques, qui n'emploient que 5% des salariés.

En France les nécessités de financement et l'appel aux capitaux internationaux se sont traduits par la réforme du marché financier qui a fait l'objet d'une déréglementation. Il s'agit d'encourager l'épargne en titres (obligations et actions) sous forme d'exemptions fiscales (Plan Delors de 1982). Un second marché est créé en 1984. Mais surtout il s'agit des réformes de 1984-1985 avec la simplification de l'accession au marché obligataire et la possibilité pour les entreprises d'émettre du papier commercial. Le MATIF est créé. L'investissement étranger qui est facilité par la levée progressive du contrôle des changes entre 1984 et 1990 est libéralisé, le financement obligataire est de plus favorisé avec une loi supprimant en 1984 l'impôt sur les intérêts payés par les investisseurs non résident. Le marché des eurofrancs est réouvert en 1984, et les entreprises peuvent ainsi émettre des obligations libellées en francs hors de France. Les entreprises sont autorisées à acheter des produits dérivés.

L'ingénierie financière a été mise à contribution pour développer des formes de dette qui confèrent au détenteur de la dette des pouvoirs qui sont ceux normalement de l'actionnaire, avec un degré moindre de risque et une rémunération qui bénéficie d'un traitement fiscal beaucoup plus favorable.

Par ailleurs la désintermédiation a transféré une part importante du rôle de financement aux marchés financiers. Les opérations de financement se font sur les marchés et les capitaux fournis ne résultent pas de la transformation de dépôts collectés par les banques.

Si les techniques financières rendent floue la distinction entre la dette et les capitaux propres, une différence essentielle reste : le détenteur d'une dette, fut-elle qualifiée de quasi-fonds propre, peut déclencher une cessation de paiements, ce qui n'est pas le cas de l'actionnaire. Les capitaux d'emprunt et les capitaux propres conservent donc un degré de risque différent pour l'entreprise financée.  Si des formes de ce que nous avons appelé un Nouveau Capital se sont développées, il convient de souligner que le capital financier représente un risque fondamental pour l'entreprise, à la différence des véritables capitaux propres.

 

FINANCIARISATION DE L'ECONOMIE ET MARCHES FINANCIERS

 

Par ailleurs la financiarisation de l'économie traduit le développement des marchés financiers qui au delà de ce que l'on continue à qualifier d'économie réelle traduit la création d'une sphère marchande où s'échangent des produits financiers qui ne sont pas rattachés aux activités de production, de commercialisation ou de consommation. C'est le cas en particulier  de tous les produits dérivés avec le développement de marchés dérivés et la création d'une économie dérivée de la réalité économique. Elle en est dissociée dans la mesure où elle ne repose plus sur les opérations économiques, mais son impact sur l'économie est en revanche très réel. Elément qui a un effet dopant sur l'économie, elle peut en revanche lui infliger des dommages sérieux, sinon fatals. Les risques sont à la mesure de la taille colossale  de ces marchés financiers et les dérapages et dérives  sont susceptibles de créer des crises majeures, comme celle des subprimes, et potentiellement un risque systémique.

 

 

 

 


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