lexinter.net   

HEDGE FUNDS


 

 

  

 

TITRISATION     CAPITAUX  MARCHE DE LA DETTE DECOTEE (DISTRESSED DEBT)   PRODUITS DERIVES   PRODUITS DERIVES ET RISQUES CREDIT DEFAULT SWAP (CDS)

FONDS SPECULATIFS   RESTRUCTURATIONS FINANCIERES


HEDGE FUNDS : FONDS D'ARBITRAGE

Il n'y a pas de définition légale des hedge funds. Un hedge fund est un pool de capital privé, dont les gérants sont libres de définir la stratégie, sans que leur soit imposé une discipline de marché.

Les "hedge funds" constituent une façon de réunir des capitaux.  Les hedge funds sont constitués sous la forme de "limited partnerships" ou de coquilles juridiques. Les deux tiers des hedge funds sont basés dans des centres off shores.

Les hedge funds échappent à la réglementation sur l'appel public à l'épargne sur le fondement que le fait de proposer l'émission ou la cession d'instruments financiers à des investisseurs qualifiés ou à un cercle restreints d'investisseurs, ne constitue pas  un appel public à l'épargne.

Un tiers des parts de hedge funds sont détenus par des particuliers, un tiers par des investisseurs institutionnels et un tiers par des fonds de fonds qui investissent dans des hedge funds pour doper leur rentabilité.

Les hedge funds sont des fonds  qui utilisent des stratégies d'arbitrage.  Ce sont des fonds d'investissement ayant une stratégie dynamique fondée sur des techniques d'arbitrage. Les hedge funds ont généralement une stratégie de trading très actif, beaucoup utilisent l'effet de levier et les marchés dérivés.

Les gestionnaires de hedge funds ont une structure de fees élevée, avec des management fees (entre 1 à 2% des actifs)  et des performance fees allant de 10 à 20% des profits sinon plus. Les gestionnaires ne partagent pas les pertes.

Les investisseurs doivent accepter un blocage (lock up) pour une période déterminée.

Les hedge funds sont domiciliés généralement dans des places offshores, en particulier pour des raisons fiscales, les gestionnaires étant eux dans les centres financiers.

La technique d'arbitrage et le risque

Le modèle classique des hedge funds a été développé par Alfred Winslow Jones (1910-1989). Il est fondé sur la prise simultanée de positions longues et courtes sur des actions afin de limiter le risque associé à la volatilité des marchés d'actions. La prise de positions spéculatives simultanées en sens opposé est censée permettre de constituer un portefeuille à gestion conservatrice où les gains résultent de l'effet de levier.

Une stratégie dynamique

Les hedge funds ont été conçus pour exploiter les anomalies de prix causées par l'inefficience des marchés indépendamment des mouvements des marchés. Ils ont une stratégie dynamique fondée sur la multiplication des opérations avec des profits marginaux amplifiés par l'effet de levier. Ils se différentient ainsi de la stratégie statique des fonds mutuels.

Ils utilisent souvent des arbitrages créances, actions. C'est le cas en particulier de Templeton, dans les dossiers Crédit Foncier, Alstom et Eurotunnel.

Les hedge funds sont des intervenants importants sur le marché de la titrisation

Les fonds "raiders"

Certains fonds sont qualifiés de raiders car ils cherchent à exploiter la différence entre la valeur des actions d'une société sur le marché et celle qui résultera de leur action de remise en cause de la gestion d'une direction.

Les distressed funds

D'autres  fonds d'arbitrage sont des "distressed funds" car ils investissent dans des sociétés en restructuration.

Arbitrage et sensibilité aux ruptures du marché

Les techniques d'arbitrage exploitent les inefficiences des marchés, mais elles supposent un fonctionnement normal et ordonné des marchés.

L'annulation (ou la réduction significative) du risque par les techniques d'arbitrage suppose que les marchés fonctionnent de façon linéaire et unidirectionnelles. En cas de phénomènes fractal et d'inversion de direction du marché, le risque n'est pas réduit, et compte tenu des effets de levier utilisés dans les opérations d'arbitrage, il devient très important.

Le développement des hedge funds

Les hedge funds se sont développés avec une croissance importante depuis une dizaine d'années, et depuis 2002 les encours et les volumes de transaction se sont fortement accrus. On estime le nombre de hedge funds à 10.000 et leurs actifs à près de 1 740 milliards $, ce qui veut dire que leurs encours, compte tenu du levier d'endettement, s'élèvent à 6.000 Milliards$. Les trois quarts des hedge funds dans le monde sont américains et les trois quarts des hedge funds sont britanniques. Fin 2006, les 200 plus gros hedge funds représentaient trois quarts des actifs sous gestion.

Les hedge funds ont commencé à spéculer à la hausse au début des années 1990. Ils contribué à l'envolée des cours de 1996 à 2000. Après les pics des années 2000 ils ont spéculé à la baisse, avec d'importantes ventes à découvert. L'essor de l'industrie des hedge funds est consécutif à la forte baisse des marchés boursiers après l'éclatement de la bulle internet, celle des dot.coms, de 2001. Les investisseurs institutionnels et en particulier les fonds de pension ont cherché des sources de rendement plus élevé que celles offertes par les marchés boursiers. La clientèle des hedge funds , qui était à l'origine une clientèle privée fortunée, c'est étendue aux investisseurs institutionnels, qui en 2007 ont représenté plus de 50% des flux des hedge funds.

Risque de contrepartie et risque systémique

Les hedge funds recherchent des rendements absolus au dessus de 20%, alors que les économies occidentales sont à croissance faible, les taux d'intérêt obligataires nominaux autour de 5%, la prime de risque actin de 6% et le rendement des actions de 8 à 10%. Un tel rendement ne peut être obtenu qu'ne prenant des risques très importants.

Une partie de ces risques vient de l'utilisation de leviers d'endettement énorme, une autre de l'acquisition d'actifs illiquides, au profils de risque très non linéaires, avec une valorisation illusoire et une absence de marché secondaire.

Le levier moyen des hedge funds est estimé à 3, avec des actifs de 6.000  Milliards $ détenus grâce à un apport de 2.000 Milliards $. Lorsque les hedge funds investissent dans des instruments qui sont eux-mêmes à levier, comme les tranches subordonnées de ABS et CDO, le levier s'élève à 6 (1.800 milliards$ avec un apport de 300 milliards$)

Les mécanismes de levier (prêts de titres, reverse repos, dérivés, prêts de marge) entraine d'importants risques de contrepartie entre les hedge funds et les prime brokers. L'instabilité est accrue par une concentration croissante des hedge funds sur les mêmes stratégies.

Les hedge funds sont des apporteurs de liquidité par le levier d'endettement en période de hausse des marchés et ils propagent le risque systémique en cas de baisse des marchés.

Les hedge funds ont été les plus gros acheteurs de CDO adossés aux crédits hypothécaires subpiime, avec une part très élevée dans les tranches les plus risquées  émises par des SIV .

Compte tenu de l'effet de levier, un renversement des conditions financières affecte d'abord les tranches subordonnées, mais il s'étend rapidement le long de la cascade de tranches.

L'hypothèse qui sous tendait les notes données par les agences de notation à savoir la faible probabilité d'une baisse de l'immobilier a été démentie à partir du début 2007.

Les hedge funds ont d'abord financé les actifs illiquides par les mécanismes de crédit des prime brokers, qui crée un risque de contre partie, et par émission de papier commercial gagé sur les pools d'ABS, le Asset backed commercial paper.

Le 18 juillet 2007 Bear Stearns avait annoncé que deux de ses hedge funds qui avaient lourdement investi dans les financements structurés ne valaient plus rien.

Jusqu'en mars 2008 les hedge funds ont cependant prétendu qu'ils étaient immunisés contre la crise. Ils ont dissimulé leur perte de deux manières. 

Leurs positions ne sont pas mark-to-market et ils peuvent conserver le capital de leurs investisseurs grâce aux périodes de lock up et aux pénalisations en cas de sortie de capital. Ils ont donc cherché à lisser leur performance. A partir de mars 2008 ils ont été en manque de liquidité. Les hedge funds ont souffert d'un effet de boomerang des difficultés des banques d'investissement. C'est la raison  des difficultés qui ont nécessité le sauvetage de Bear Stearns, la Fed rachetant 30 milliards d'actifs pourris de la banque avant de la marier à JP Morgan

Au 30 juin 2008 il y avait environ 3.100 hedge funds qui géraient un volume total de 1,9 mille milliards $ soit l'équivalent des subprimes.

Certains considèrent qu'il y là un risque systémique du fait du manque de transparence et d'une absence de règles et de contrôle.

Demandes de retrait

En septembre 2008 les hedge funds ont eu à faire face à d'importantes demande de retrait dont l'importance a pris par surprise les gestionnaires de fonds. Il semblerait qu'il y ait 500 à 700 Mds $ de demandes de remboursement adressées à l'industrie des hedge funds. Une telle demande, dans des marchés illiquides,  pose le problème de la capacité des Hedge funds à faire face. Une défaillance aurait des effets d'autant plus important que le climat est un climat de défiance généralisé.

 


 


Hedge funds Paul Solman

 

 

 

Houman Shadab Analyzes Markets and Hedge Fund Regulation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


RECHERCHE 

 

VIE PRATIQUE ET DROIT      ENTREPRISE ET DROIT       TRAVAIL ET DROIT        

RECHERCHE JURIDIQUE   DICTIONNAIRE JURIDIQUE