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INNOVATION FINANCIERE


 

 

  

 

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Logique des marchés financiers et loi du marché


L'innovation financière

Depuis le début des années 1970-1980 les marchés financiers sont marqués par l’innovation financière.

L'innovation financière  est  à la fois la cause et la conséquence de trois changements structurels majeurs : le développement de l’économie quantitative et de la gestion des bilans, l’essor des nouvelles technologies de l’information et des communications et la libéralisation (ou dérégulation) de l’économie.

L'innovation financière a été en particulier marquée par le développement des techniques de financement de projet, de financement d'actifs, des financements à effet de levier (LBO),   des financements structurés, des techniques de gestion de bilan (gestion des passifs avec la defeasance et gestion des actifs avec la titrisation), des techniques de gestion de portefeuille  et des produits dérivés

L'innovation financière a eu comme principal objectif de faciliter le développement du crédit en particulier par les marchés de crédit. Elle a transformé la nature du capital, créé des "quasi-fonds propres" et en fait cherché à effacer la différence entre les divers formes d'apports de capitaux. Elle a par voie de conséquence transformé la notion de propriété.

L’innovation financière était censée réduire les risques , mais   les crises financières  ont été nombreuses ces vingt dernières années. Ce fut le cas par exemple en 1987,  la crise asiatique , la crise des subprimes. Les trente dernières années ont par ailleurs été ponctuées par la création et l’explosion de bulles successives.

 

Au cœur de   l’innovation financière on trouve le développement par l’ingénierie financière de produits dérivés et en particulier de dérivés de crédit.  Les marchés dérivés ont connu une très forte progression ces dernières années, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif

 

L'innovation financière s'est développé sur la base d'utilisation de techniques actuarielles et  d'ingénierie juridique et financière  . Elle s'est développée en profitant de la déréglementation bancaire.

Les montages font appel à l'utilisation de montages juridiques, contractuels et sociétaires, à la créativité comptable, et à des techniques d'analyse statistiques pour les calculs de risques dans le cadre d'une modélisation des marchés financiers

 

Le débat sur l'innovation financière

L'innovation financière bénéficie de la croyance dogmatique aux avantages de la modernité.

L’argument a prévalu que ces innovations faciliteraient  l’allocation des risques entre les agents économiques, et que le partage des risques améliorerait  le fonctionnement du système financier.

Cette gestion des risques permettraient le financement de projets à haut rendement, qui sont également des projets risqués, et en permettant aux investisseurs de mieux gérer leur portefeuille d’actifs.

Outre le partage des risques qui s’opère plus facilement les innovations financières contribueraient, théoriquement, à l’efficience des marchés. Cela passe par une diminution des coûts de transaction  une meilleure liquidité des marchés, des incitations à la collecte et à la diffusion d’informations .  

Le débat sur les innovations financières rejoint celui  sur les vertus et les dangers de la spéculation. Pour les économistes classiques les spéculateurs ont un effet stabilisateur sur les marchés : en se portant acquéreurs de titres quand les prix de marché sont bas et vendeurs lorsqu’ils sont élevés, ils atténuent les variations extrêmes. Cette vision suppose toutefois que les agents adoptent des stratégies à moyen terme, voire à long terme, le temps que le prix des actifs reviennent à leur valeur fondamentale.

L'innovation financière a utilisée les analyses de l'économie quantitative,  les techniques de modélisation et les formules mathématiques pour prétendre que les produits qu'elle développait n'était pas de nature spéculative et qu'ils réduisaient les risques.

Or, en pratique, les hypothèses de l'économie qui était venue à se prétendre une science exacte étaient une grossière simplification du fonctionnement des marchés.  Les investisseurs ont tendance à orienter leurs décisions en se basant sur le comportement de leurs pairs plutôt que sur l’étude des fondamentaux . Cela suppose aussi qu’il n’y ait pas d’obstacles aux opérations d’arbitrage, ce qui est loin d’être vérifié.  

D’un point de vue théorique, les conséquences des innovations financières sur la volatilité des marchés dépendent, en fait, des hypothèses concernant les imperfections financières. En général, l’effet induit par l’introduction de nouveaux produits financiers n’est favorable que si elle favorise la participation des investisseurs informés.   

L’augmentation de la spéculation via les marchés à terme a un effet déstabilisant lorsque certains agents ont une information imparfaite ; les autres agents sur-réagissent alors à ce qu’ils croient être des informations privilégiées ce qui a un  effet déstabilisant.  Les produits dérivés sont marqués par des asymétries d’information.

Innovation financière et responsabilité

L'innovation financière a donné naissance à ce qui a été qualifié des produits financiers.

Cette qualification, de "produit" pour des contrats et titres,  s'inscrit dans la caractérisation de développement de marchés nouveaux, et en particulier des "marchés dérivés",  répond manifestement au désir de bénéficier d'une grande liberté  au titre de l'économie de marché" et pour justifier l'absence de régulation , ou l'adoption de normes juridiques et comptables consacrant ces innovations.

La qualification de produit  s'inscrit par ailleurs dans la présentation de l'économie comme étant une science exacte, de l'utilisation des modélisations, de formules mathématiques et d'utilisation de logiciels pour donner une image scientifique, avec des "'produits" résultant du développement des "techniques financières". Cette qualification peut exposer les banques et différents intervenants dans cette activité de "production financière" à une responsabilité fondée sur la responsabilité des produits ,l'obligation inhérente de sécurité. et les obligations d'information.

Il s'est en effet avéré qu'une très large part de  ces produits étaient des "produits toxique", que les affirmations concernant le niveau des risques étaient inexactes.  Les affirmations concernant les techniques de protection , comme l'assurance monoligne, étaient trompeuses, comme celles concernant le niveau des risques fournies par les agences de notation .Les épargnants et investisseurs ont subi des préjudices . La responsabilité peut être non seulement civile, mais aussi pénale.

 

 

 

 

 

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