REPERTOIRE DE JURISPRUDENCE I
CLAUSE DE NON-CONCURRENCE ET ACCORD COLLECTIF
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Soc, 17 octobre 2000 ,Bull
n° 334, N°
98-42-018 Sur
le moyen unique Vu
l'article 1134 du Code civil ; Attendu
que M. Demard a été engagé le 16 janvier 1978 en qualité de comptable
par contrat verbal ; que le 12 mai 1992, il a été licencié pour
faute grave ; que son ancien employeur a saisi le conseil de
prud'hommes pour réclamer des dommagesintérêts pour violation de la
clause de non-concurrence prévue.. par l'accord d'établissement du 5
juin 1985 ; Attendu
que, pour faire droit à la demande de dommagesintérêts, la cour
d'appel énonce que l'article 23 de l'accord d'établissement signé le 5
juin 1985 prévoit une clause de nonconcurrence à laquelle sont soumis
certaines catégories de personnel qu'il énumère et que cette clause
est, quant à sa rédaction, de portée générale, qu'elle ne se limite
pas à poser un principe dont les modalités d'application seraient déterminées
par des accords individuels, mais qu'elle fixe, de manière définitive,
les emplois auxquels elle s'applique, la durée dans le temps, l'étendue
géographique et la nature de l'activité concurrentielle, qu'elle est
incorporée dans d'autres dispositions qui constituent le statut collectif
des salariés ; qu'elle ajoute que l'absence de contrat de travail écrit
ne peut faire échec à l'application de l'accord collectif, et que, M.
Demard n'établissant pas l'existence d'une disposition plus favorable
le libérant de l'obligation de non-concurrence, la clause lui est opposable ; Qu'en
statuant ainsi, alors que le contrat de travail du salarié, qui était dépourvu
de clause de non-concurrence, ne pouvait être modifié par un accord d'établissement
instituant une interdiction de concurrence, la cour d'appel a violé le
texte susvisé ; PAR
CES MOTIFS CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 10 février 1998, entre les parties, parla cour d'appel de Bordeaux ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Pau.
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