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CLAUSE DE NON CONCURRENCE ET CONTRE PARTIE FINANCIERE

Cour de Cassation
Chambre sociale

Audience publique du 26 février 2002

Cassation


N° de pourvoi : 99-46026
Inédit titré

Président : M. RANSAC conseiller

Sur le pourvoi formé par M. Patrick Felgines, demeurant 60, rue Baudrière, 49000 Angers,

en cassation d'un arrêt rendu le 14 octobre 1999 par la cour d'appel d'Angers (3e Chambre civile), au profit :

1 / de M. Alain Desvaux, demeurant 37, rue Auguste Blandeau, 49000 Angers,

2 / de M. Philippe Faucompre, ayant demeuré Centre commercial Chapeau de Gendarme, 49000 Angers, Cedex 02, actuellement sans domicile connu,

défendeurs à la cassation ;

Vu la communication faite au Procureur général ;

LA COUR, en l'audience publique du 22 janvier 2002, où étaient présents : M. Ransac, conseiller le plus ancien faisant fonctions de président et rapporteur, M. Chauviré, conseiller, M. Funck-Brentano, conseiller référendaire, Mme Ferré, greffier de chambre ;

Sur le rapport de M. Ransac, conseiller, les observations de la SCP Masse-Dessen, Georges et Thouvenin, avocat de M. Felgines, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Vu les articles L. 122-12, alinéa 2, et L. 511-1 du Code du travail ;

Attendu qu'en cas de modification dans la situation juridique de l'employeur, l'obligation de non concurrence souscrite par un salarié est transférée au nouvel employeur par application du premier de ces textes ; qu'il résulte du second que la juridiction prud'homale est compétente pour statuer sur un litige survenu après la rupture du contrat de travail, dès lors qu'il trouve sa cause dans le contrat ;

Attendu, selon la procédure, que le 8 janvier 1996 M. Faucompre, agent général d'assurance, a licencié M. Desvaux, fondé de pouvoirs, dont le contrat de travail comportait une clause de non concurrence limitée à deux ans par l'effet de la convention collective nationale des agents généraux d'assurances, et que le 1er octobre 1997 M. Felgines a repris l'ensemble des activités de M. Faucompre ; que le conseil de prud'hommes a débouté M. Faucompre de sa demande en paiement de dommages-intérêts pour violation de la clause de non concurrence par M. Desvaux et s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande de M. Felgines formée aux mêmes fins par voie d'intervention ;

 

Attendu que pour rejeter le contredit de M. Felgines à l'encontre de cette décision d'incompétence, l'arrêt attaqué énonce que le litige n'entre pas dans les prévisions de l'article L. 511-1 du Code du travail, peu important qu'il s'agisse d'obligations en vigueur postérieurement à la fin du contrat de travail de M. Desvaux, qui, ayant été rompu le 8 janvier 1996, n'a pu lui être transmis en application de l'article L. 122-12, alinéa 2 du Code du travail, en sorte qu'il n'a jamais été l'employeur de M. Desvaux ;

Qu'en statuant ainsi, alors que M. Felgines demandait réparation du préjudice consécutif à la violation par le salarié, pendant sa durée d'application, de la clause de non concurrence dont le bénéfice lui avait été transmis, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 14 octobre 1999, entre les parties, par la cour d'appel d'Angers ;

remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Rennes ;

Condamne MM. Desvaux et Faucompre aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande de M. Falgines ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-six février deux mille deux.

 



Décision attaquée : cour d'appel d'Angers (3e Chambre civile) 1999-10-14

 

 

 

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