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Arrêt n° 199 du 19 février 2013 (11-21.763) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2013:CO00199

Cassation


Demandeur(s) : La société d’exercice libéral à forme anonyme (SELAFA) MJA
 

Défendeur(s) : La société Bank of London and the Middle East PLC
 


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :
 

Vu les articles 2333 du code civil et L. 527-1 du code de commerce ;
 

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société Recovco Affimet (la société), mise en redressement judiciaire le 19 janvier 2009, a fait l’objet d’un plan de cession puis d’une liquidation judiciaire le 14 septembre 2009, la SELAFA MJA, en la personne de M. X..., étant nommée mandataire liquidateur (le liquidateur) ; que la Bank of London and the Middle East PLC (la banque), qui avait consenti à la société, par acte du 17 décembre 2007, un prêt garanti par un gage sans dépossession portant sur un stock de marchandises et comprenant un pacte commissoire, a résilié le contrat de crédit pour non paiement des échéances le 9 janvier 2009, notifié à la société la réalisation de son gage le 16 janvier 2009, puis revendiqué le stock constituant l’assiette de son gage le 21 avril 2009 ; que par ordonnance du 30 octobre 2009, le juge-commissaire a ordonné la restitution à la banque du stock existant à la date du 16 janvier 2009, ou de sa contre-valeur, et a donné acte à celle-ci de ce qu’elle est en droit de réclamer le paiement de celui consommé postérieurement à cette date ; que par jugement du 25 juin 2010, le tribunal a confirmé l’ordonnance ;
 

Attendu que pour confirmer le jugement en ce qu’il a rejeté le recours contre l’ordonnance du juge-commissaire donnant acte à la banque qu’elle était propriétaire des stocks tels que définis au contrat de gage, l’arrêt, après avoir énoncé qu’aux termes de l’article L. 527-1 du code de commerce “tout crédit consenti par un établissement de crédit à une personne morale de droit privé ou à une personne physique dans l’exercice de son activité professionnelle peut être garanti par un gage sans dépossession des stocks détenus par cette personne”, en déduit qu’il résulte sans ambiguïté de l’utilisation du mot “peut” qu’il s’agit d’une possibilité offerte aux parties auxquelles aucune disposition n’interdit de prévoir l’application des règles de droit commun du gage telles qu’elles sont fixées par les articles 2333 et suivants du code civil, puis retient qu’une telle interdiction ne peut davantage être déduite de l’article 2354 du code civil qui prévoit que “les dispositions du présent chapitre ne font pas obstacle à l’application des règles particulières prévues en matière commerciale ou en faveur des établissements de prêt sur gage autorisés” sans établir d’exclusivité au profit de ces dernières règles, ce dont il résulte que les parties pouvaient valablement choisir, comme elles l’ont fait, de se référer aux dispositions des articles 2333 et suivants du code civil ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que, s’agissant d’un gage portant sur des éléments visés à l’article L. 527-3 du code de commerce, les parties, dont l’une est un établissement de crédit, ne peuvent soumettre leur contrat au droit commun du gage de meubles sans dépossession, la cour d’appel a violé l’article 2333 du code civil par fausse application et l’article L. 527-1 du code de commerce par refus d’application ;
 

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :
 

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 3 mai 2011, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée
 


Président : M. Espel
 

Rapporteur : Mme Jacques, conseiller
 

Avocat général : Mme Bonhomme
 

Avocat(s) : SCP Bénabent ; SCP Ortscheidt
 


 

 

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