Saisi le 1er juillet 1994 par soixante députés d'un recours concernant
la loi relative à l'emploi de la langue française, le Conseil
Constitutionnel a rendu sa décision le 29 juillet 1994.
Le Conseil a reconnu au législateur la possibilité d'imposer aux
personnes publiques comme aux personnes privées l'usage obligatoire du
français dans certains domaines définis par la loi : présentation des
biens, produits et services, publicités, inscriptions dans les lieux
publics, droit du travail, colloques, audiovisuel.
Il a estimé, notamment, que les prescriptions imposées aux
organisateurs de congrès (art. 6) ne sont pas de nature à porter
atteinte à la liberté de communication.
Enfin, il n'a pas remis en cause le dispositif de sanctions prévu
par la loi.
En revanche, le Conseil a annulé deux dispositions de la loi, en les
jugeant contraires au principe de la liberté de pensée et d'expression
proclamée par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et
du citoyen :
- la subordination de l'octroi d'une aide publique à l'engagement préalable
des enseignants et chercheurs d'assurer une publication ou une diffusion
en français de leurs travaux, ou d'assurer une traduction en français
des publications en langue étrangère auxquelles ils donnent lieu ;
- l'obligation pour les personnes privées et les services
audiovisuels de recourir à une terminologie officielle lorsque l'emploi
du français est obligatoire. Cette disposition reprenait une
presciption de la loi du 31 décembre 1975.