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CODES
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LOI n° 2005-845 du 26 juillet 2005 de
sauvegarde des entreprises (1)
NOR: JUSX0400017L
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Vu la
décision du Conseil constitutionnel n° 2005-522 DC du 22 juillet 2005 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
TITRE Ier
DISPOSITIONS MODIFIANT LE LIVRE VI
DU CODE DE COMMERCE
Article 1
I. - Les divisions du livre VI du code de commerce sont supprimées.
Est approuvé le tableau I annexé à la présente loi qui modifie la numérotation
de certains articles du même livre et abroge d'autres articles du même livre.
Est approuvé le tableau II annexé à la présente loi qui comporte la nouvelle
structure du même livre.
Ce même livre, tel qu'il résulte des tableaux I et II précités, est modifié
conformément aux dispositions du titre Ier de la présente loi.
II. - Sous réserve des dispositions du titre Ier de la présente loi, les
références faites aux articles du livre VI du code de commerce dans les
dispositions législatives ou réglementaires sont remplacées par les références
aux articles correspondants figurant dans le tableau I annexé à la présente loi.
Article 2
L'article L. 610-l est ainsi rédigé :
« Art. L. 610-1. - Un décret en Conseil d'Etat détermine, dans chaque
département, le tribunal ou les tribunaux appelés à connaître des procédures
prévues par le présent livre, ainsi que le ressort dans lequel ces tribunaux
exercent les attributions qui leur sont dévolues. »
Chapitre Ier
Dispositions relatives à la prévention des difficultés
des entreprises et à la procédure de conciliation
Article 3
La dernière phrase du quatrième alinéa de l'article L. 611-1 est ainsi rédigée :
« Les groupements de prévention agréés peuvent aussi bénéficier d'aides des
collectivités territoriales. »
Article 4
L'article L. 611-2 est ainsi modifié :
1° Au début du premier alinéa, il est inséré un « I » ;
2° Dans le second alinéa, après les mots : « A l'issue de cet entretien », sont
insérés les mots : « ou si les dirigeants ne se sont pas rendus à sa convocation
» ;
3° Il est ajouté un II ainsi rédigé :
« II. - Lorsque les dirigeants d'une société commerciale ne procèdent pas au
dépôt des comptes annuels dans les délais prévus par les textes applicables, le
président du tribunal peut leur adresser une injonction de le faire à bref délai
sous astreinte.
« Si cette injonction n'est pas suivie d'effet dans un délai fixé par décret en
Conseil d'Etat, le président du tribunal peut également faire application à leur
égard des dispositions du deuxième alinéa du I. »
Article 5
Les articles L. 611-3 à L. 611-6 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 611-3. - Le président du tribunal de commerce ou du tribunal de grande
instance peut, à la demande du représentant de l'entreprise, désigner un
mandataire ad hoc dont il détermine la mission.
« Art. L. 611-4. - Il est institué, devant le tribunal de commerce, une
procédure de conciliation dont peuvent bénéficier les personnes exerçant une
activité commerciale ou artisanale qui éprouvent une difficulté juridique,
économique ou financière, avérée ou prévisible, et ne se trouvent pas en
cessation des paiements depuis plus de quarante-cinq jours.
« Art. L. 611-5. - La procédure de conciliation est applicable, dans les mêmes
conditions, aux personnes morales de droit privé et aux personnes physiques
exerçant une activité professionnelle indépendante, y compris une profession
libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est
protégé. Pour l'application du présent article, le tribunal de grande instance
est compétent et son président exerce les mêmes pouvoirs que ceux attribués au
président du tribunal de commerce.
« La procédure de conciliation n'est pas applicable aux agriculteurs qui
bénéficient de la procédure prévue aux articles L. 351-1 à L. 351-7 du code
rural.
« Art. L. 611-6. - Le président du tribunal est saisi par une requête du
débiteur exposant sa situation économique, sociale et financière, ses besoins de
financement ainsi que, le cas échéant, les moyens d'y faire face.
« Outre les pouvoirs qui lui sont attribués par le second alinéa du I de
l'article L. 611-2, le président du tribunal peut charger un expert de son choix
d'établir un rapport sur la situation économique, sociale et financière du
débiteur et, nonobstant toute disposition législative et réglementaire
contraire, obtenir des établissements bancaires ou financiers tout renseignement
de nature à donner une exacte information sur la situation économique et
financière de celui-ci.
« La procédure de conciliation est ouverte par le président du tribunal, qui
désigne un conciliateur pour une période n'excédant pas quatre mois mais qu'il
peut, par une décision motivée, proroger d'un mois au plus à la demande de ce
dernier. Le débiteur peut proposer un conciliateur à la désignation par le
président du tribunal. A l'expiration de cette période, la mission du
conciliateur et la procédure prennent fin de plein droit.
« La décision ouvrant la procédure de conciliation n'est pas susceptible de
recours. Elle est communiquée au ministère public. Lorsque le débiteur exerce
une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont
le titre est protégé, la décision est également communiquée à l'ordre
professionnel ou à l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève.
« Le débiteur peut récuser le conciliateur dans des conditions et délais fixés
par décret en Conseil d'Etat. »
Article 6
L'article L. 611-7 est ainsi rédigé :
« Art. L. 611-7. - Le conciliateur a pour mission de favoriser la conclusion
entre le débiteur et ses principaux créanciers ainsi que, le cas échéant, ses
cocontractants habituels, d'un accord amiable destiné à mettre fin aux
difficultés de l'entreprise. Il peut également présenter toute proposition se
rapportant à la sauvegarde de l'entreprise, à la poursuite de l'activité
économique et au maintien de l'emploi.
« Le conciliateur peut, dans ce but, obtenir du débiteur tout renseignement
utile. Le président du tribunal communique au conciliateur les renseignements
dont il dispose et, le cas échéant, les résultats de l'expertise mentionnée au
deuxième alinéa de l'article L. 611-6.
« Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les
institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L.
351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le livre IX
du code de la sécurité sociale peuvent consentir des remises de dettes dans les
conditions fixées à l'article L. 626-6 du présent code.
« Le conciliateur rend compte au président du tribunal de l'état d'avancement de
sa mission et formule toutes observations utiles sur les diligences du débiteur.
« Si, au cours de la procédure, le débiteur est poursuivi par un créancier, le
juge qui a ouvert cette procédure peut, à la demande du débiteur et après avoir
été éclairé par le conciliateur, faire application des articles 1244-1 à 1244-3
du code civil.
« En cas d'impossibilité de parvenir à un accord, le conciliateur présente sans
délai un rapport au président du tribunal. Celui-ci met fin à sa mission et à la
procédure de conciliation. Sa décision est notifiée au débiteur. »
Article 7
Les articles L. 611-8 à L. 611-10 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 611-8. - I. - Le président du tribunal, sur la requête conjointe des
parties, constate leur accord et donne à celui-ci force exécutoire. Il statue au
vu d'une déclaration certifiée du débiteur attestant qu'il ne se trouvait pas en
cessation des paiements lors de la conclusion de l'accord, ou que ce dernier y
met fin. La décision constatant l'accord n'est pas soumise à publication et
n'est pas susceptible de recours. Elle met fin à la procédure de conciliation.
« II. - Toutefois, à la demande du débiteur, le tribunal homologue l'accord
obtenu si les conditions suivantes sont réunies :
« 1° Le débiteur n'est pas en cessation des paiements ou l'accord conclu y met
fin ;
« 2° Les termes de l'accord sont de nature à assurer la pérennité de l'activité
de l'entreprise ;
« 3° L'accord ne porte pas atteinte aux intérêts des créanciers non signataires,
sans préjudice de l'application qui peut être faite des articles 1244-1 à 1244-3
du code civil.
« Art. L. 611-9. - Le tribunal statue sur l'homologation après avoir entendu ou
dûment appelé en chambre du conseil le débiteur, les créanciers parties à
l'accord, les représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du
personnel, le conciliateur et le ministère public. L'ordre professionnel ou
l'autorité compétente dont relève, le cas échéant, le débiteur qui exerce une
profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le
titre est protégé, est entendu ou appelé dans les mêmes conditions.
« Le tribunal peut entendre toute autre personne dont l'audition lui paraît
utile.
« Art. L. 611-10. - L'homologation de l'accord met fin à la procédure de
conciliation.
« Lorsque le débiteur est soumis au contrôle légal de ses comptes, l'accord
homologué est transmis à son commissaire aux comptes. Le jugement d'homologation
est déposé au greffe où tout intéressé peut en prendre connaissance et fait
l'objet d'une mesure de publicité. Il est susceptible de tierce-opposition dans
un délai de dix jours à compter de cette publicité. Le jugement rejetant
l'homologation ne fait pas l'objet d'une publication. Il est susceptible
d'appel.
« L'accord homologué suspend, pendant la durée de son exécution, toute action en
justice et toute poursuite individuelle tant sur les meubles que les immeubles
du débiteur dans le but d'obtenir le paiement des créances qui en font l'objet.
Il suspend, pour la même durée, les délais impartis aux créanciers parties à
l'accord à peine de déchéance ou de résolution des droits afférents aux créances
mentionnées par l'accord. Les coobligés et les personnes ayant consenti un
cautionnement ou une garantie autonome peuvent se prévaloir des dispositions de
l'accord homologué.
« L'accord homologué entraîne la levée de plein droit de toute interdiction
d'émettre des chèques conformément à l'article L. 131-73 du code monétaire et
financier, mise en oeuvre à l'occasion du rejet d'un chèque émis avant
l'ouverture de la procédure de conciliation.
« Saisi par l'une des parties à l'accord homologué, le tribunal, s'il constate
l'inexécution des engagements résultant de cet accord, prononce la résolution de
celui-ci ainsi que la déchéance de tout délai de paiement accordé. »
Article 8
L'article L. 611-11 est ainsi rédigé :
« Art. L. 611-11. - En cas d'ouverture d'une procédure de sauvegarde, de
redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire subséquente, les personnes
qui avaient consenti, dans l'accord homologué mentionné au II de l'article L.
611-8, un nouvel apport en trésorerie au débiteur en vue d'assurer la poursuite
d'activité de l'entreprise et sa pérennité sont payées, pour le montant de cet
apport, par privilège avant toutes créances nées antérieurement à l'ouverture de
la conciliation, selon le rang prévu au II de l'article L. 622-17 et au II de
l'article L. 641-13. Dans les mêmes conditions, les personnes qui fournissent,
dans l'accord homologué, un nouveau bien ou service en vue d'assurer la
poursuite d'activité de l'entreprise et sa pérennité sont payées, pour le prix
de ce bien ou de ce service, par privilège avant toutes créances nées avant
l'ouverture de la conciliation.
« Cette disposition ne s'applique pas aux apports consentis par les actionnaires
et associés du débiteur dans le cadre d'une augmentation de capital.
« Les créanciers signataires de l'accord ne peuvent bénéficier directement ou
indirectement de cette disposition au titre de leurs concours antérieurs à
l'ouverture de la conciliation. »
Article 9
L'article L. 611-12 est ainsi rédigé :
« Art. L. 611-12. - L'ouverture d'une procédure de sauvegarde, de redressement
judiciaire ou de liquidation judiciaire met fin de plein droit à l'accord
constaté ou homologué en application de l'article L. 611-8. En ce cas, les
créanciers recouvrent l'intégralité de leurs créances et sûretés, déduction
faite des sommes perçues, sans préjudice des dispositions prévues à l'article L.
611-11. »
Article 10
Les articles L. 611-13 à L. 611-15 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 611-13. - Les missions de mandataire ad hoc ou de conciliateur ne
peuvent être exercées par une personne ayant, au cours des vingt-quatre mois
précédents, perçu, à quelque titre que ce soit, directement ou indirectement,
une rémunération ou un paiement de la part du débiteur intéressé, de tout
créancier du débiteur ou d'une personne qui en détient le contrôle ou est
contrôlée par lui au sens de l'article L. 233-16, sauf s'il s'agit d'une
rémunération perçue au titre d'un mandat ad hoc ou d'une mission de règlement
amiable ou de conciliation réalisée pour le même débiteur ou le même créancier.
La personne ainsi désignée doit attester sur l'honneur, lors de l'acceptation de
son mandat, qu'elle se conforme à ces interdictions.
« Les missions de mandataire ad hoc ou de conciliateur ne peuvent être confiées
à un juge consulaire en fonction ou ayant quitté ses fonctions depuis moins de
cinq ans.
« Art. L. 611-14. - Après avoir recueilli l'accord du débiteur, le président du
tribunal fixe les conditions de rémunération du mandataire ad hoc, du
conciliateur et, le cas échéant, de l'expert, lors de la désignation de
l'intéressé, en fonction des diligences nécessaires à l'accomplissement de sa
mission. Sa rémunération est arrêtée par ordonnance du président du tribunal à
l'issue de la mission.
« Les recours contre ces décisions sont portés devant le premier président de la
cour d'appel dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat.
« Art. L. 611-15. - Toute personne qui est appelée à la procédure de
conciliation ou à un mandat ad hoc ou qui, par ses fonctions, en a connaissance
est tenue à la confidentialité. »
Article 11
I. - L'article L. 612-1 est ainsi modifié :
1° Dans le deuxième alinéa, les mots : « choisis sur la liste mentionnée à
l'article L. 822-1 qui exercent leurs fonctions dans les conditions prévues par
le livre II, titres Ier et II, sous réserve des règles qui leur sont propres.
Les dispositions de l'article L. 242-27 sont applicables » sont supprimés ;
2° Le cinquième alinéa est supprimé.
II. - Dans les troisième et quatrième alinéas de l'article L. 612-2, après les
mots : « comité d'entreprise », sont insérés les mots : « ou, à défaut, aux
délégués du personnel ».
III. - L'article L. 612-3 est ainsi modifié :
1° Dans le premier alinéa, les mots : « à l'article L. 612-1 » sont remplacés
par les mots : « aux articles L. 612-1 et L. 612-4 » ;
2° Les deuxième et troisième alinéas sont ainsi rédigés :
« A défaut de réponse dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, ou si
celle-ci ne permet pas d'être assuré de la continuité de l'exploitation, le
commissaire aux comptes invite, par un écrit dont la copie est transmise au
président du tribunal de grande instance, les dirigeants à faire délibérer
l'organe collégial de la personne morale sur les faits relevés. Le commissaire
aux comptes est convoqué à cette séance. La délibération de l'organe collégial
est communiquée au comité d'entreprise ou, à défaut, aux délégués du personnel
et au président du tribunal de grande instance.
« En cas d'inobservation de ces dispositions, ou si le commissaire aux comptes
constate qu'en dépit des décisions prises la continuité de l'exploitation
demeure compromise, une assemblée générale est convoquée dans des conditions et
délais fixés par décret en Conseil d'Etat. Le commissaire aux comptes établit un
rapport spécial qui est présenté à cette assemblée. Ce rapport est communiqué au
comité d'entreprise ou, à défaut, aux délégués du personnel. » ;
3° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Les dispositions du présent article ne sont pas applicables lorsqu'une
procédure de conciliation ou de sauvegarde a été engagée par les dirigeants en
application des articles L. 611-6 et L. 620-1. »
IV. - L'article L. 612-4 est ainsi modifié :
1° Dans le deuxième alinéa, les mots et la phrase : « choisis sur la liste
mentionnée à l'article L. 822-1 qui exercent leurs fonctions dans les conditions
prévues par le livre II sous réserve des règles qui leur sont propres. Les
dispositions de l'article L. 242-27 sont applicables. » sont supprimés ;
2° Les trois derniers alinéas sont supprimés.
Chapitre II
Dispositions relatives à la sauvegarde
Article 12
L'article L. 620-1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 620-1. - Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur
demande d'un débiteur mentionné à l'article L. 620-2 qui justifie de
difficultés, qu'il n'est pas en mesure de surmonter, de nature à le conduire à
la cessation des paiements. Cette procédure est destinée à faciliter la
réorganisation de l'entreprise afin de permettre la poursuite de l'activité
économique, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif.
« La procédure de sauvegarde donne lieu à un plan arrêté par jugement à l'issue
d'une période d'observation et, le cas échéant, à la constitution de deux
comités de créanciers, conformément aux dispositions des articles L. 626-29 et
L. 626-30. »
Article 13
L'article L. 620-2 est ainsi rédigé :
« Art. L. 620-2. - La procédure de sauvegarde est applicable à tout commerçant,
à toute personne immatriculée au répertoire des métiers, à tout agriculteur, à
toute autre personne physique exerçant une activité professionnelle
indépendante, y compris une profession libérale soumise à un statut législatif
ou réglementaire ou dont le titre est protégé, ainsi qu'à toute personne morale
de droit privé.
« Il ne peut être ouvert de nouvelle procédure de sauvegarde à l'égard d'une
personne déjà soumise à une telle procédure, ou à une procédure de redressement
judiciaire ou de liquidation judiciaire, tant qu'il n'a pas été mis fin aux
opérations du plan qui en résulte ou que la procédure de liquidation n'a pas été
clôturée. »
Article 14
L'article L. 621-1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 621-1. - Le tribunal statue sur l'ouverture de la procédure, après
avoir entendu ou dûment appelé en chambre du conseil le débiteur et les
représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel. Il
peut également entendre toute personne dont l'audition lui paraît utile.
« En outre, lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un
statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, le tribunal
statue après avoir entendu ou dûment appelé, dans les mêmes conditions, l'ordre
professionnel ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève.
« Le tribunal peut, avant de statuer, commettre un juge pour recueillir tous
renseignements sur la situation financière, économique et sociale de
l'entreprise. Ce juge peut faire application des dispositions prévues à
l'article L. 623-2. Il peut se faire assister de tout expert de son choix.
« L'ouverture d'une procédure de sauvegarde à l'égard d'un débiteur qui
bénéficie ou a bénéficié d'un mandat ad hoc ou d'une procédure de conciliation
dans les dix-huit mois qui précèdent doit être examinée en présence du ministère
public.
« Dans ce cas, le tribunal peut, d'office ou à la demande du ministère public,
obtenir communication des pièces et actes relatifs au mandat ad hoc ou à la
conciliation, nonobstant les dispositions de l'article L. 611-15. »
Article 15
L'article L. 621-2 est ainsi modifié :
1° La troisième phrase du premier alinéa est supprimée ;
2° Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« La procédure ouverte peut être étendue à une ou plusieurs autres personnes en
cas de confusion de leur patrimoine avec celui du débiteur ou de fictivité de la
personne morale. A cette fin, le tribunal ayant ouvert la procédure initiale
reste compétent. » ;
3° Le second alinéa est supprimé.
Article 16
L'article L. 621-3 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est supprimé ;
2° La première phrase du deuxième alinéa est ainsi rédigée :
« Le jugement ouvre une période d'observation d'une durée maximale de six mois
qui peut être renouvelée une fois par décision motivée à la demande de
l'administrateur, du débiteur ou du ministère public. » ;
3° Après le deuxième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsqu'il s'agit d'une exploitation agricole, le tribunal peut proroger la
durée de la période d'observation en fonction de l'année culturale en cours et
des usages spécifiques aux productions de l'exploitation. » ;
4° Le dernier alinéa est supprimé.
Article 17
Les articles L. 621-4 et L. 621-5 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 621-4. - Dans le jugement d'ouverture, le tribunal désigne le
juge-commissaire dont les fonctions sont définies à l'article L. 621-9. Il peut,
en cas de nécessité, en désigner plusieurs.
« Il invite le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel à
désigner un représentant parmi les salariés de l'entreprise. En l'absence de
comité d'entreprise et de délégués du personnel, les salariés élisent leur
représentant, qui exerce les fonctions dévolues à ces institutions par les
dispositions du présent titre. Les modalités de désignation ou d'élection du
représentant des salariés sont précisées par décret en Conseil d'Etat. Lorsque
aucun représentant des salariés ne peut être désigné ou élu, un procès-verbal de
carence est établi par le chef d'entreprise.
« Dans le même jugement, sans préjudice de la possibilité de nommer un ou
plusieurs experts en vue d'une mission qu'il détermine, le tribunal désigne deux
mandataires de justice qui sont le mandataire judiciaire et l'administrateur
judiciaire, dont les fonctions sont respectivement définies à l'article L.
622-20 et à l'article L. 622-1. Il peut, à la demande du ministère public,
désigner plusieurs mandataires judiciaires ou plusieurs administrateurs
judiciaires. Dans le cas prévu au quatrième alinéa de l'article L. 621-1, le
ministère public peut s'opposer à la désignation de la personne antérieurement
désignée en tant que mandataire ad hoc ou conciliateur dans le cadre d'un mandat
ou d'une procédure concernant le même débiteur.
« Toutefois, le tribunal n'est pas tenu de désigner un administrateur judiciaire
lorsque la procédure est ouverte au bénéfice d'une personne dont le nombre de
salariés et le chiffre d'affaires hors taxes sont inférieurs à des seuils fixés
par décret en Conseil d'Etat. Dans ce cas, les dispositions du chapitre VII du
présent titre sont applicables. Jusqu'au jugement arrêtant le plan, le tribunal
peut, à la demande du débiteur, du mandataire judiciaire ou du ministère public,
décider de nommer un administrateur judiciaire.
« Aux fins de réaliser l'inventaire et la prisée prévus à l'article L. 622-6, le
tribunal désigne un commissaire-priseur judiciaire, un huissier, un notaire ou
un courtier en marchandises assermenté.
« Art. L. 621-5. - Aucun parent ou allié, jusqu'au quatrième degré
inclusivement, du chef d'entreprise ou des dirigeants, s'il s'agit d'une
personne morale, ne peut être désigné à l'une des fonctions prévues à l'article
L. 621-4 sauf dans les cas où cette disposition empêche la désignation d'un
représentant des salariés. »
Article 18
Dans la première phrase du premier alinéa de l'article L. 621-6, les mots : «
les articles L. 5 et L. 6 » sont remplacés par les mots : « l'article L. 6 ».
Article 19
L'article L. 621-7 est ainsi rédigé :
« Art. L. 621-7. - Le tribunal peut, soit d'office, soit sur proposition du
juge-commissaire ou à la demande du ministère public, procéder au remplacement
de l'administrateur, de l'expert ou du mandataire judiciaire.
« Le tribunal peut adjoindre, dans les mêmes conditions, un ou plusieurs
administrateurs ou mandataires judiciaires à ceux déjà nommés. L'administrateur,
le mandataire judiciaire ou un créancier nommé contrôleur peut demander au
juge-commissaire de saisir à cette fin le tribunal.
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'ordre professionnel
ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève peut saisir le
ministère public à cette même fin.
« Le débiteur peut demander au juge-commissaire de saisir le tribunal aux fins
de remplacer l'administrateur ou l'expert. Dans les mêmes conditions, les
créanciers peuvent demander le remplacement du mandataire judiciaire.
« Le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel ou, à défaut,
les salariés de l'entreprise peuvent seuls procéder au remplacement du
représentant des salariés. »
Article 20
Dans les deux alinéas de l'article L. 621-8, les mots : « procureur de la
République » sont remplacés par les mots : « ministère public ».
Article 21
L'article L. 621-9 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque la désignation d'un technicien est nécessaire, seul le
juge-commissaire peut y procéder en vue d'unemission qu'il détermine, sans
préjudice de la faculté pour le tribunal prévue à l'article L. 621-4 de désigner
un ou plusieurs experts. Les conditions de la rémunération de ce technicien sont
fixées par un décret en Conseil d'Etat. »
Article 22
Les articles L. 621-10 à L. 621-12 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 621-10. - Le juge-commissaire désigne un à cinq contrôleurs parmi les
créanciers qui lui en font la demande. Lorsqu'il désigne plusieurs contrôleurs,
il veille à ce qu'au moins l'un d'entre eux soit choisi parmi les créanciers
titulaires de sûretés et qu'un autre soit choisi parmi les créanciers
chirographaires.
« Aucun parent ou allié jusqu'au quatrième degré inclusivement du chef
d'entreprise ou des dirigeants de la personne morale, ni aucune personne
détenant directement ou indirectement tout ou partie du capital de la personne
morale débitrice ou dont le capital est détenu en tout ou partie par cette même
personne, ne peut être nommé contrôleur ou représentant d'une personne morale
désignée comme contrôleur.
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'ordre professionnel
ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève est d'office
contrôleur. Dans ce cas, le juge-commissaire ne peut désigner plus de quatre
contrôleurs.
« La responsabilité du contrôleur n'est engagée qu'en cas de faute lourde. Il
peut se faire représenter par l'un de ses préposés ou par ministère d'avocat.
Tout créancier nommé contrôleur peut être révoqué par le tribunal à la demande
du ministère public.
« Art. L. 621-11. - Les contrôleurs assistent le mandataire judiciaire dans ses
fonctions et le juge-commissaire dans sa mission de surveillance de
l'administration de l'entreprise. Ils peuvent prendre connaissance de tous les
documents transmis à l'administrateur et au mandataire judiciaire. Ils sont
tenus à la confidentialité. Les fonctions de contrôleur sont gratuites.
« Art. L. 621-12. - S'il apparaît, après l'ouverture de la procédure, que le
débiteur était déjà en cessation des paiements au moment du prononcé du
jugement, le tribunal la constate et en fixe la date dans les conditions prévues
au deuxième alinéa de l'article L. 631-8. Il convertit la procédure de
sauvegarde en une procédure de redressement judiciaire. Si nécessaire, il peut
modifier la durée de la période d'observation restant à courir.
« Le tribunal est saisi par l'administrateur, le mandataire judiciaire ou le
ministère public. Il peut également se saisir d'office. Il se prononce après
avoir entendu ou dûment appelé le débiteur. »
Article 23
L'article L. 622-1 est ainsi modifié :
1° Les I et II sont ainsi rédigés :
« I. - L'administration de l'entreprise est assurée par son dirigeant.
« II. - Lorsque le tribunal, en application des dispositions de l'article L.
621-4, désigne un ou plusieurs administrateurs, il les charge ensemble ou
séparément de surveiller le débiteur dans sa gestion ou de l'assister pour tous
les actes de gestion ou pour certains d'entre eux. » ;
2° Le IV est ainsi rédigé :
« IV. - A tout moment, le tribunal peut modifier la mission de l'administrateur
sur la demande de celui-ci, du mandataire judiciaire ou du ministère public. »
Article 24
L'article L. 622-6 est ainsi rédigé :
« Art. L. 622-6. - Dès l'ouverture de la procédure, il est dressé un inventaire
et réalisé une prisée du patrimoine du débiteur ainsi que des garanties qui le
grèvent. Cet inventaire, remis à l'administrateur et au mandataire judiciaire,
est complété par le débiteur par la mention des biens qu'il détient susceptibles
d'être revendiqués par un tiers.
« Le débiteur remet à l'administrateur et au mandataire judiciaire la liste de
ses créanciers, du montant de ses dettes et des principaux contrats en cours. Il
les informe des instances en cours auxquelles il est partie.
« L'administrateur ou, s'il n'en a pas été nommé, le mandataire judiciaire peut,
nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, obtenir
communication par les administrations et organismes publics, les organismes de
prévoyance et de sécurité sociale, les établissements de crédit ainsi que les
services chargés de centraliser les risques bancaires et les incidents de
paiement, des renseignements de nature à lui donner une exacte information sur
la situation patrimoniale du débiteur.
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'inventaire est
dressé en présence d'un représentant de l'ordre professionnel ou de l'autorité
compétente dont, le cas échéant, il relève. En aucun cas l'inventaire ne peut
porter atteinte au secret professionnel si le débiteur y est soumis.
« L'absence d'inventaire ne fait pas obstacle à l'exercice des actions en
revendication ou en restitution.
« Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent
article. »
Article 25
L'article L. 622-7 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Le jugement ouvrant la procédure emporte, de plein droit, interdiction de
payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture, à l'exception du
paiement par compensation de créances connexes. Il emporte également, de plein
droit, interdiction de payer toute créance née après le jugement d'ouverture,
non mentionnée au I de l'article L. 622-17, à l'exception des créances liées aux
besoins de la vie courante du débiteur personne physique et des créances
alimentaires. » ;
2° Dans la première phrase du dernier alinéa, après les mots : « à la demande de
tout intéressé », sont insérés les mots : « ou du ministère public ».
Article 26
Dans le premier alinéa de l'article L. 622-8, les mots : « de redressement ou en
cas de liquidation » et les mots : « de continuation » sont supprimés.
Article 27
Dans l'article L. 622-9, les références : « L. 621-27 à L. 621-35 » sont
remplacées par les références : « L. 622-10 à L. 622-16 ».
Article 28
Les articles L. 622-10 à L. 622-12 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 622-10. - A tout moment de la période d'observation, le tribunal, à la
demande du débiteur, de l'administrateur, du mandataire judiciaire, d'un
contrôleur, du ministère public ou d'office, peut ordonner la cessation
partielle de l'activité.
« Dans les mêmes conditions, il convertit la procédure en un redressement
judiciaire, si les conditions de l'article L. 631-1 sont réunies, ou prononce la
liquidation judiciaire, si les conditions de l'article L. 640-1 sont réunies.
« Il statue après avoir entendu ou dûment appelé le débiteur, l'administrateur,
le mandataire judiciaire, les contrôleurs et les représentants du comité
d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, et avoir recueilli l'avis
du ministère public.
« Lorsqu'il convertit la procédure de sauvegarde en procédure de redressement
judiciaire, le tribunal peut, si nécessaire, modifier la durée de la période
d'observation restant à courir.
« Art. L. 622-11. - Lorsque le tribunal prononce la liquidation, il met fin à la
période d'observation et, sous réserve des dispositions de l'article L. 641-10,
à la mission de l'administrateur.
« Art. L. 622-12. - Lorsque les difficultés qui ont justifié l'ouverture de la
procédure ont disparu, le tribunal y met fin à la demande du débiteur. Il statue
dans les conditions prévues au troisième alinéa de l'article L. 622-10. »
Article 29
L'article L. 622-13 est ainsi modifié :
1° La première phrase du cinquième alinéa est ainsi rédigée :
« Si l'administrateur n'use pas de la faculté de poursuivre le contrat ou y met
fin dans les conditions du deuxième alinéa, l'inexécution peut donner lieu à des
dommages et intérêts dont le montant doit être déclaré au passif au profit de
l'autre partie contractante. » ;
2° Dans la seconde phrase du cinquième alinéa, les mots « dommages-intérêts »
sont remplacés par les mots : « dommages et intérêts » ;
3° Dans le sixième alinéa, les mots : « procédure de redressement judiciaire »
sont remplacés par les mots : « procédure de sauvegarde ».
Article 30
L'article L. 622-14 est ainsi rédigé :
« Art. L. 622-14. - La résiliation du bail des immeubles donnés à bail au
débiteur et affectés à l'activité de l'entreprise est constatée ou prononcée :
« 1° Lorsque l'administrateur décide de ne pas continuer le bail et demande la
résiliation de celui-ci. Dans ce cas, la résiliation prend effet au jour de
cette demande ;
« 2° Lorsque le bailleur demande la résiliation ou fait constater la résiliation
du bail pour défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation
postérieure au jugement d'ouverture, le bailleur ne pouvant agir qu'au terme
d'un délai de trois mois à compter dudit jugement.
« Si le paiement des sommes dues intervient avant l'expiration de ce délai, il
n'y a pas lieu à résiliation.
« Nonobstant toute clause contraire, le défaut d'exploitation pendant la période
d'observation dans un ou plusieurs immeubles loués par l'entreprise n'entraîne
pas résiliation du bail. »
Article 31
Dans l'article L. 622-15, les mots : « inopposable à l'administrateur » sont
remplacés par les mots : « réputée non écrite ».
Article 32
L'article L. 622-16 est ainsi modifié :
1° Dans le premier alinéa, les mots : « redressement judiciaire » sont remplacés
par les mots : « procédure de sauvegarde » ;
2° Dans le deuxième alinéa, les mots : « dommages-intérêts » sont remplacés par
les mots : « dommages et intérêts ».
Article 33
L'article L. 622-17 est ainsi modifié :
1° Les I et II sont ainsi rédigés :
« I. - Les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture pour les
besoins du déroulement de la procédure ou de la période d'observation, ou en
contrepartie d'une prestation fournie au débiteur, pour son activité
professionnelle, pendant cette période, sont payées à leur échéance.
« II. - Lorsqu'elles ne sont pas payées à l'échéance, ces créances sont payées
par privilège avant toutes les autres créances, assorties ou non de privilèges
ou sûretés, à l'exception de celles garanties par le privilège établi aux
articles L. 143-10, L. 143-11, L. 742-6 et L. 751-15 du code du travail, de
celles garanties par le privilège des frais de justice et de celles garanties
par le privilège établi par l'article L. 611-11 du présent code. » ;
2° Le 3° du III est ainsi modifié :
a) Dans la première phrase, les mots : « par les établissements de crédit » sont
supprimés ;
b) A la fin de la seconde phrase, les mots : « de la présente disposition » sont
remplacés par les mots : « du présent article » ;
3° Il est ajouté un IV ainsi rédigé :
« IV. - Les créances impayées perdent le privilège que leur confère le présent
article si elles n'ont pas été portées à la connaissance du mandataire
judiciaire et de l'administrateur lorsqu'il en a été désigné ou, lorsque ces
organes ont cessé leurs fonctions, du commissaire à l'exécution du plan ou du
liquidateur, dans le délai d'un an à compter de la fin de la période
d'observation. »
Article 34
L'article L. 622-20 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Le mandataire judiciaire désigné par le tribunal a seul qualité pour agir au
nom et dans l'intérêt collectif des créanciers. Toutefois, en cas de carence du
mandataire judiciaire, tout créancier nommé contrôleur peut agir dans cet
intérêt dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. » ;
2° Dans le deuxième alinéa, les mots : « procureur de la République » sont
remplacés par les mots : « ministère public » ;
3° Dans le dernier alinéa, les mots : « à la suite des actions du représentant
des créanciers » sont remplacés par les mots : « à l'issue des actions
introduites par le mandataire judiciaire ou, à défaut, par le ou les créanciers
nommés contrôleurs, ».
Article 35
Dans le premier alinéa du I de l'article L. 622-21, le mot : « suspend » est
remplacé par le mot : « interrompt », et les mots : « a son origine
antérieurement audit jugement » sont remplacés par les mots : « n'est pas
mentionnée au I de l'article L. 622-17 ».
Article 36
L'article L. 622-22 est ainsi modifié :
1° Dans la première phrase, le mot : « suspendues » est remplacé par le mot : «
interrompues » ;
2° Dans la seconde phrase, après les mots « l'administrateur », sont insérés les
mots : « ou le commissaire à l'exécution du plan nommé en application de
l'article L. 626-25 ».
Article 37
L'article L. 622-24 est ainsi modifié :
1° Dans la première phrase du premier alinéa, les mots : « a son origine » sont
remplacés par les mots : « est née » ;
2° La seconde phrase du premier alinéa est remplacée par deux phrases ainsi
rédigées :
« Les créanciers titulaires d'une sûreté publiée ou liés au débiteur par un
contrat publié sont avertis personnellement ou, s'il y a lieu, à domicile élu.
Le délai de déclaration court à l'égard de ceux-ci à compter de la notification
de cet avertissement. » ;
3° Après la première phrase du troisième alinéa, il est inséré une phrase ainsi
rédigée :
« Celles dont le montant n'est pas encore définitivement fixé sont déclarées sur
la base d'une évaluation. » ;
4° Sont ajoutés deux alinéas ainsi rédigés :
« Les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture, autres que
celles mentionnées au I de l'article L. 622-17 et les créances alimentaires,
sont soumises aux dispositions du présent article. Les délais courent à compter
de la date d'exigibilité de la créance. Toutefois, les créanciers dont les
créances résultent d'un contrat à exécution successive déclarent l'intégralité
des sommes qui leur sont dues dans des conditions prévues par décret en Conseil
d'Etat.
« Le délai de déclaration par une partie civile des créances nées d'une
infraction pénale court à compter de la date de la décision définitive qui en
fixe le montant. »
Article 38
L'article L. 622-26 est ainsi rédigé :
« Art. L. 622-26. - A défaut de déclaration dans des délais fixés par décret en
Conseil d'Etat, les créanciers ne sont pas admis dans les répartitions et les
dividendes à moins que le juge-commissaire ne les relève de leur forclusion
s'ils établissent que leur défaillance n'est pas due à leur fait ou qu'elle est
due à une omission volontaire du débiteur lors de l'établissement de la liste
prévue au deuxième alinéa de l'article L. 622-6. Ils ne peuvent alors concourir
que pour les distributions postérieures à leur demande.
« L'action en relevé de forclusion ne peut être exercée que dans le délai de six
mois. Ce délai court à compter de la publication du jugement d'ouverture ou,
pour les institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail, de
l'expiration du délai pendant lequel les créances résultant du contrat de
travail sont garanties par ces institutions. Pour les créanciers titulaires
d'une sûreté publiée ou liés au débiteur par un contrat publié, il court à
compter de la réception de l'avis qui leur est donné. Par exception, le délai
est porté à un an pour les créanciers placés dans l'impossibilité de connaître
l'existence de leur créance avant l'expiration du délai de six mois précité. »
Article 39
L'article L. 622-28 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Le jugement d'ouverture arrête le cours des intérêts légaux et conventionnels,
ainsi que de tous intérêts de retard et majorations, à moins qu'il ne s'agisse
des intérêts résultant de contrats de prêt conclus pour une durée égale ou
supérieure à un an ou de contrats assortis d'un paiement différé d'un an ou
plus. Les personnes physiques cautions, coobligées ou ayant donné une garantie
autonome peuvent se prévaloir des dispositions du présent alinéa. » ;
2° La première phrase du deuxième alinéa est ainsi rédigée :
« Le jugement d'ouverture suspend jusqu'au jugement arrêtant le plan ou
prononçant la liquidation toute action contre les personnes physiques coobligées
ou ayant consenti un cautionnement ou une garantie autonome. » ;
3° Dans le dernier alinéa, le mot : « cautionnements » est remplacé par le mot :
« garanties ».
Article 40
Dans l'article L. 622-29, les mots : « du redressement judiciaire » sont
supprimés.
Article 41
Le premier alinéa de l'article L. 622-30 est ainsi rédigé :
« Les hypothèques, nantissements et privilèges ne peuvent plus être inscrits
postérieurement au jugement d'ouverture. Il en va de même des actes et des
décisions judiciaires translatifs ou constitutifs de droits réels, à moins que
ces actes n'aient acquis date certaine ou que ces décisions ne soient devenues
exécutoires avant le jugement d'ouverture. »
Article 42
I. - Dans les articles L. 622-31 et L. 622-32, les mots : « de redressement
judiciaire » sont remplacés par les mots : « de sauvegarde ».
II. - Dans l'article L. 622-33, les mots : « en état de redressement judiciaire
» sont remplacés par les mots : « soumis à une procédure de sauvegarde ».
Article 43
L'article L. 623-1 est ainsi modifié :
1° La seconde phrase du premier alinéa est supprimée ;
2° Après le troisième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Au vu de ce bilan, l'administrateur propose un plan de sauvegarde, sans
préjudice de l'application des dispositions de l'article L. 622-10. » ;
3° Les quatrième à septième alinéas sont supprimés.
Article 44
L'article L. 623-2 est ainsi modifié :
1° Après les mots : « les commissaires aux comptes, », sont insérés les mots : «
les experts-comptables, » ;
2° Les mots : « situation économique et financière de l'entreprise » sont
remplacés par les mots : « situation économique, financière, sociale et
patrimoniale du débiteur ».
Article 45
L'article L. 623-3 est ainsi modifié :
1° Dans le deuxième alinéa, les mots : « en application de l'article L. 621-3 »
sont remplacés par les mots : « à l'égard d'une entreprise qui bénéficie de
l'accord amiable homologué prévu à l'article L. 611-8 du présent code ou à
l'article L. 351-6 du code rural », et la référence : « L. 611-3 » est remplacée
par la référence : « L. 611-6 » ;
2° Dans le troisième alinéa, les mots : « le débiteur et » sont supprimés, et le
même alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Il en informe le débiteur et recueille ses observations et propositions. » ;
3° Le quatrième alinéa est ainsi modifié :
a) Dans la première phrase, les mots : « le débiteur, » sont supprimés ;
b) Dans la deuxième phrase, après les mots : « les consulte », sont insérés les
mots : « , ainsi que le débiteur, » ;
4° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'administrateur
consulte l'ordre professionnel ou l'autorité compétente dont, le cas échéant,
relève le débiteur. »
Article 46
Le deuxième alinéa de l'article L. 624-1 est complété par les mots : « , sauf
pour des créances déclarées après ce délai, en application des deux derniers
alinéas de l'article L. 622-24 ».
Article 47
I. - Dans le premier alinéa de l'article L. 624-3, les mots : « de la présente
sous-section » sont remplacés par les mots : « de la présente section », et les
mots : « , à l'administrateur lorsqu'il a pour mission d'assurer
l'administration » sont supprimés.
II. - Dans l'article L. 624-4, les mots : « à la présente sous-section » sont
remplacés par les mots : « à la présente section ».
Article 48
Dans l'article L. 624-5, les mots : « de redressement judiciaire » sont
remplacés par les mots : « de sauvegarde », et le même article est complété par
les mots : « et dans les conditions prévues par l'article L. 624-9 ».
Article 49
L'article L. 624-8 est ainsi rédigé :
« Art. L. 624-8. - Le conjoint du débiteur qui, lors de son mariage, dans
l'année de celui-ci ou dans l'année suivante, était commerçant, immatriculé au
répertoire des métiers, agriculteur ou qui exerçait toute autre activité
professionnelle indépendante, ne peut exercer dans la procédure de sauvegarde
aucune action à raison des avantages faits par l'un des époux à l'autre, dans le
contrat de mariage ou pendant le mariage. Les créanciers ne peuvent, de leur
côté, se prévaloir des avantages faits par l'un des époux à l'autre. »
Article 50
Dans l'article L. 624-9, les mots : « de redressement judiciaire ou de
liquidation judiciaire immédiate » sont supprimés.
Article 51
L'article L. 624-10 est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Il peut réclamer la restitution de son bien dans des conditions fixées par
décret en Conseil d'Etat. »
Article 52
L'article L. 624-11 est ainsi rédigé :
« Art. L. 624-11. - Le privilège et le droit de revendication établis par le 4°
de l'article 2102 du code civil au profit du vendeur de meubles ainsi que
l'action résolutoire ne peuvent être exercés que dans la limite des dispositions
des articles L. 624-12 à L. 624-18 du présent code. »
Article 53
Dans les premier et second alinéas de l'article L. 624-12, les mots : « le
redressement judiciaire » sont remplacés par les mots : « la procédure ».
Article 54
Le dernier alinéa de l'article L. 624-16 est ainsi rédigé :
« Dans tous les cas, il n'y a pas lieu à revendication si, sur décision du
juge-commissaire, le prix est payé immédiatement. Le juge-commissaire peut
également, avec le consentement du créancier requérant, accorder un délai de
règlement. Le paiement du prix est alors assimilé à celui des créances
mentionnées au I de l'article L. 622-17. »
Article 55
I. - L'article L. 624-17 est ainsi rédigé :
« Art. L. 624-17. - L'administrateur ou, à défaut, le débiteur après accord du
mandataire judiciaire peut acquiescer à la demande en revendication ou en
restitution d'un bien visé à la présente section, avec l'accord du débiteur. A
défaut d'accord ou en cas de contestation, la demande est portée devant le
juge-commissaire qui statue sur le sort du contrat, au vu des observations du
créancier, du débiteur et du mandataire de justice saisi. »
II. - Dans l'article L. 624-18, les mots : « de redressement judiciaire » sont
supprimés.
Article 56
La première phrase du dernier alinéa de l'article L. 625-1 est supprimée.
Article 57
Dans la première phrase de l'article L. 625-2, les mots : « Le relevé des
créances résultant des contrats de travail est » sont remplacés par les mots : «
Les relevés des créances résultant des contrats de travail sont », et la
référence : « L. 621-8 » est remplacée par la référence : « L. 621-4 ».
Article 58
I. - L'article L. 625-3 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Les instances en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement
d'ouverture de la sauvegarde sont poursuivies en présence du mandataire
judiciaire ou celui-ci dûment appelé. » ;
2° A la fin du deuxième alinéa, les mots : « de redressement judiciaire » sont
supprimés ;
3° Le dernier alinéa est supprimé.
II. - Dans les articles L. 625-7 et L. 625-8, les mots : « de redressement
judiciaire ou de liquidation judiciaire » sont remplacés par les mots : « de
sauvegarde ».
Article 59
L'article L. 626-1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-1. - Lorsqu'il existe une possibilité sérieuse pour l'entreprise
d'être sauvegardée, le tribunal arrête dans ce but un plan qui met fin à la
période d'observation.
« Ce plan de sauvegarde comporte, s'il y a lieu, l'arrêt, l'adjonction ou la
cession d'une ou de plusieurs activités. Les cessions faites en application du
présent article sont soumises aux dispositions de la section 1 du chapitre II du
titre IV. Le mandataire judiciaire exerce les missions confiées au liquidateur
par ces dispositions. »
Article 60
L'article L. 626-2 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-2. - Le projet de plan détermine les perspectives de redressement
en fonction des possibilités et des modalités d'activités, de l'état du marché
et des moyens de financement disponibles.
« Il définit les modalités de règlement du passif et les garanties éventuelles
que le chef d'entreprise doit souscrire pour en assurer l'exécution.
« Ce projet expose et justifie le niveau et les perspectives d'emploi ainsi que
les conditions sociales envisagées pour la poursuite d'activité. Lorsque le
projet prévoit des licenciements pour motif économique, il rappelle les mesures
déjà intervenues et définit les actions à entreprendre en vue de faciliter le
reclassement et l'indemnisation des salariés dont l'emploi est menacé. Le projet
tient compte des travaux recensés par le bilan environnemental.
« Il recense, annexe et analyse les offres d'acquisition portant sur une ou
plusieurs activités, présentées par des tiers. Il indique la ou les activités
dont sont proposés l'arrêt ou l'adjonction. »
Article 61
Le premier alinéa de l'article L. 626-3 est ainsi rédigé :
« Lorsque le projet de plan prévoit une modification du capital, l'assemblée
générale extraordinaire ou l'assemblée des associés ainsi que, lorsque leur
approbation est nécessaire, les assemblées spéciales mentionnées aux articles L.
225-99 et L. 228-35-6 ou les assemblées générales des masses visées à l'article
L. 228-103 sont convoquées dans des conditions définies par décret en Conseil
d'Etat. »
Article 62
L'article L. 626-4 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Lorsque la sauvegarde de l'entreprise le requiert, le tribunal, sur la demande
du ministère public, peut subordonner l'adoption du plan au remplacement d'un ou
plusieurs dirigeants de l'entreprise, sauf lorsque le débiteur exerce une
activité professionnelle libérale soumise à un statut législatif ou
réglementaire. » ;
2° Le deuxième alinéa est ainsi rédigé :
« A cette fin et dans les mêmes conditions, le tribunal peut prononcer
l'incessibilité des parts sociales, titres de capital ou valeurs mobilières
donnant accès au capital, détenus par un ou plusieurs dirigeants de droit ou de
fait et décider que le droit de vote y attaché sera exercé, pour une durée qu'il
fixe, par un mandataire de justice désigné à cet effet. De même, il peut
ordonner la cession de ces parts sociales, titres de capital ou valeurs
mobilières donnant accès au capital détenus par ces mêmes personnes, le prix de
cession étant fixé à dire d'expert. »
Article 63
Les articles L. 626-5 à L. 626-7 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 626-5. - Les propositions pour le règlement des dettes sont, au fur et
à mesure de leur élaboration et sous surveillance du juge-commissaire,
communiquées par l'administrateur au mandataire judiciaire, aux contrôleurs
ainsi qu'au comité d'entreprise ou, à défaut, aux délégués du personnel.
« Le mandataire judiciaire recueille individuellement ou collectivement l'accord
de chaque créancier qui a déclaré sa créance conformément à l'article L. 622-24,
sur les délais et remises qui lui sont proposés. En cas de consultation par
écrit, le défaut de réponse, dans le délai de trente jours à compter de la
réception de la lettre du mandataire judiciaire, vaut acceptation. Ces
dispositions sont applicables aux institutions visées à l'article L. 143-11-4 du
code du travail pour les sommes mentionnées au quatrième alinéa de l'article L.
622-24, même si leurs créances ne sont pas encore déclarées.
« Art. L. 626-6. - Les administrations financières, les organismes de sécurité
sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les
articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par
le livre IX du code de la sécurité sociale peuvent accepter, concomitamment à
l'effort consenti par d'autres créanciers, de remettre tout ou partie de ses
dettes au débiteur dans des conditions similaires à celles que lui octroierait,
dans des conditions normales de marché, un opérateur économique privé placé dans
la même situation.
« Dans ce cadre, les administrations financières peuvent remettre l'ensemble des
impôts directs perçus au profit de l'Etat et des collectivités territoriales
ainsi que des produits divers du budget de l'Etat dus par le débiteur.
S'agissant des impôts indirects perçus au profit de l'Etat et des collectivités
territoriales, seuls les intérêts de retard, majorations, pénalités ou amendes
peuvent faire l'objet d'une remise.
« Les conditions de la remise de la dette sont fixées par décret en Conseil
d'Etat.
« Les créanciers visés au premier alinéa peuvent également décider des cessions
de rang de privilège ou d'hypothèque ou de l'abandon de ces sûretés.
« Art. L. 626-7. - Le mandataire judiciaire dresse un état des réponses faites
par les créanciers. Cet état est adressé au débiteur et à l'administrateur en
vue de l'établissement de son rapport, ainsi qu'aux contrôleurs. »
Article 64
L'article L. 626-8 est ainsi modifié :
1° Dans le premier alinéa, les mots : « un contrôleur » sont remplacés par les
mots : « le ou les contrôleurs », et après les mots : « le rapport », sont
insérés les mots : « , présentant le bilan économique et social et le projet de
plan, » ;
2° Le dernier alinéa est ainsi rédigé :
« Le ministère public reçoit communication du rapport. »
Article 65
L'article L. 626-9 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-9. - Après avoir entendu ou dûment appelé le débiteur,
l'administrateur, le mandataire judiciaire, les contrôleurs ainsi que les
représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, le
tribunal statue au vu du rapport de l'administrateur, après avoir recueilli
l'avis du ministère public. Lorsque la procédure est ouverte au bénéfice d'un
débiteur qui emploie un nombre de salariés ou qui justifie d'un chiffre
d'affaires hors taxes supérieurs à des seuils fixés par décret en Conseil
d'Etat, les débats doivent avoir lieu en présence du ministère public. »
Article 66
L'article L. 626-10 est ainsi modifié :
1° Dans la première phrase du premier alinéa, les mots : « au redressement »
sont remplacés par les mots : « à la sauvegarde » ;
2° Dans le dernier alinéa, les références : « L. 621-58, L. 621-74, L. 621-88,
L. 621-91 et L. 621-96 » sont remplacées par les références : « L. 626-3 et L.
626-16 ».
Article 67
L'article L. 626-11 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-11. - Le jugement qui arrête le plan en rend les dispositions
opposables à tous.
« A l'exception des personnes morales, les coobligés et les personnes ayant
consenti un cautionnement ou une garantie autonome peuvent s'en prévaloir. »
Article 68
L'article L. 626-12 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-12. - Sans préjudice de l'application des dispositions de
l'article L. 626-18, la durée du plan est fixée par le tribunal. Elle ne peut
excéder dix ans. Lorsque le débiteur est un agriculteur, elle ne peut excéder
quinze ans. »
Article 69
L'article L. 626-13 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-13. - L'arrêt du plan par le tribunal entraîne la levée de plein
droit de toute interdiction d'émettre des chèques conformément à l'article L.
131-73 du code monétaire et financier, mise en oeuvre à l'occasion du rejet d'un
chèque émis avant le jugement d'ouverture de la procédure. »
Article 70
L'article L. 626-14 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :
« La durée de l'inaliénabilité ne peut excéder celle du plan. » ;
2° Dans le deuxième alinéa, les mots : « pour les immeubles conformément aux
dispositions de l'article 28 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 portant
réforme de la publicité foncière et pour les biens mobiliers d'équipement au
greffe du tribunal dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat »
sont remplacés par les mots : « dans des conditions fixées par décret en Conseil
d'Etat » ;
3° Dans la première phrase du dernier alinéa, après les mots : « à la demande de
tout intéressé », sont insérés les mots : « ou du ministère public ».
Article 71
Dans l'article L. 626-15, le mot : « continuation » est remplacé par le mot : «
réorganisation ».
Article 72
L'article L. 626-16 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-16. - En cas de nécessité, le jugement qui arrête le plan donne
mandat à l'administrateur de convoquer, dans des conditions fixées par décret en
Conseil d'Etat, l'assemblée compétente pour mettre en oeuvre les modifications
prévues par le plan. »
Article 73
L'article L. 626-18 est ainsi modifié :
1° Dans la première phrase, les mots : « aux deuxième et troisième alinéas de
l'article L. 621-60 » sont remplacés par les mots : « au deuxième alinéa de
l'article L. 626-5 et à l'article L. 626-6 » ;
2° La troisième phrase du premier alinéa est complétée par les mots : « qui
peuvent excéder la durée du plan » ;
3° Le deuxième alinéa est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :
« Le premier paiement ne peut intervenir au-delà d'un délai d'un an.
« Au-delà de la deuxième année, le montant de chacune des annuités prévues par
le plan ne peut, sauf dans le cas d'une exploitation agricole, être inférieur à
5 % du passif admis. »
Article 74
Le deuxième alinéa de l'article L. 626-19 est supprimé.
Article 75
L'article L. 626-21 est ainsi modifié :
1° Dans le troisième alinéa, les mots : « ou si le plan n'en dispose autrement »
sont supprimés ;
2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Le tribunal fixe les modalités du paiement des dividendes arrêtés par le plan.
Les dividendes sont payés entre les mains du commissaire à l'exécution du plan,
qui procède à leur répartition. »
Article 76
Dans le premier alinéa de l'article L. 626-22, après les mots : « ou d'une
hypothèque, », sont insérés les mots : « la quote-part du prix correspondant aux
créances garanties par ces sûretés est versée en compte de dépôt à la Caisse des
dépôts et consignations et ».
Article 77
Dans l'article L. 626-23, les mots : « à l'entreprise » sont remplacés par les
mots : « au débiteur ».
Article 78
L'article L. 626-24 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Le tribunal peut charger l'administrateur d'effectuer les actes, nécessaires à
la mise en oeuvre du plan, qu'il détermine. » ;
2° A la fin du second alinéa, les mots : « à la vérification des créances » sont
remplacés par les mots : « à la vérification et à l'établissement définitif de
l'état des créances ».
Article 79
L'article L. 626-25 est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Le tribunal nomme, pour la durée fixée à l'article L. 626-12, l'administrateur
ou le mandataire judiciaire en qualité de commissaire chargé de veiller à
l'exécution du plan. Le tribunal peut, en cas de nécessité, nommer plusieurs
commissaires. » ;
2° Le deuxième alinéa est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :
« Les actions introduites avant le jugement qui arrête le plan et auxquelles
l'administrateur ou le mandataire judiciaire est partie sont poursuivies par le
commissaire à l'exécution du plan ou, si celui-ci n'est plus en fonction, par un
mandataire de justice désigné spécialement à cet effet par le tribunal.
« Le commissaire à l'exécution du plan est également habilité à engager des
actions dans l'intérêt collectif des créanciers. » ;
3° Dans la première phrase du quatrième alinéa, les mots : « procureur de la
République » sont remplacés par les mots : « ministère public » ;
4° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Le commissaire à l'exécution du plan peut être remplacé par le tribunal, soit
d'office, soit à la demande du ministère public. »
Article 80
L'article L. 626-26 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-26. - Une modification substantielle dans les objectifs ou les
moyens du plan ne peut être décidée que par le tribunal, à la demande du
débiteur et sur le rapport du commissaire à l'exécution du plan.
« Le tribunal statue après avoir recueilli l'avis du ministère public et avoir
entendu ou dûment appelé le débiteur, le commissaire à l'exécution du plan, les
contrôleurs, les représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués
du personnel et toute personne intéressée. »
Article 81
L'article L. 626-27 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-27. - I. - Le tribunal qui a arrêté le plan peut, après avis du
ministère public, en décider la résolution si le débiteur n'exécute pas ses
engagements dans les délais fixés par le plan. Lorsque l'inexécution résulte
d'un défaut de paiement des dividendes par le débiteur et que le tribunal n'a
pas prononcé la résolution du plan, le commissaire à l'exécution du plan
procède, conformément aux dispositions arrêtées, à leur recouvrement.
« Lorsque la cessation des paiements du débiteur est constatée au cours de
l'exécution du plan, le tribunal qui a arrêté ce dernier décide, après avis du
ministère public, sa résolution et prononce la liquidation judiciaire.
« Le jugement qui prononce la résolution du plan met fin aux opérations et
emporte déchéance de tout délai de paiement accordé.
« II. - Dans les cas mentionnés au I, le tribunal est saisi par un créancier, le
commissaire à l'exécution du plan ou le ministère public. Il peut également se
saisir d'office.
« III. - Après résolution du plan et ouverture ou prononcé de la nouvelle
procédure, les créanciers soumis à ce plan sont dispensés de déclarer leurs
créances et sûretés. Les créances inscrites à ce plan sont admises de plein
droit, déduction faite des sommes déjà perçues. »
Article 82
L'article L. 626-28 est ainsi rédigé :
« Art. L. 626-28. - Quand il est établi que les engagements énoncés dans le plan
ou décidés par le tribunal ont été tenus, celui-ci, à la requête du commissaire
à l'exécution du plan, du débiteur ou de tout intéressé, constate que
l'exécution du plan est achevée. »
Article 83
Les articles L. 626-29 à L. 626-35 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 626-29. - Les débiteurs dont les comptes ont été certifiés par un
commissaire aux comptes ou établis par un expert-comptable et dont le nombre de
salariés ou le chiffre d'affaires sont supérieurs à des seuils fixés par décret
en Conseil d'Etat sont soumis aux dispositions de la présente section.
« A la demande du débiteur ou de l'administrateur, le juge-commissaire peut
autoriser qu'il en soit également fait application en deçà de ce seuil.
« Art. L. 626-30. - Les établissements de crédit et les principaux fournisseurs
de biens ou de services sont réunis en deux comités de créanciers par
l'administrateur judiciaire, dans un délai de trente jours à compter du jugement
d'ouverture de la procédure. Chaque fournisseur de biens ou de services est
membre de droit du comité des principaux fournisseurs lorsque ses créances
représentent plus de 5 % du total des créances des fournisseurs. Les autres
fournisseurs, sollicités par l'administrateur, peuvent en être membres.
« Le débiteur présente à ces comités, dans un délai de deux mois à partir de
leur constitution, renouvelable une fois par le juge-commissaire à la demande du
débiteur ou de l'administrateur, des propositions en vue d'élaborer le projet de
plan mentionné à l'article L. 626-2.
« Après discussion avec le débiteur et l'administrateur judiciaire, les comités
se prononcent sur ce projet, le cas échéant modifié, au plus tard dans un délai
de trente jours après la transmission des propositions du débiteur. La décision
est prise par chaque comité à la majorité de ses membres, représentant au moins
les deux tiers du montant des créances de l'ensemble des membres du comité, tel
qu'il a été indiqué par le débiteur et certifié par son ou ses commissaires aux
comptes ou, lorsqu'il n'en a pas été désigné, établi par son expert-comptable.
« Le projet de plan adopté par les comités n'est soumis ni aux dispositions de
l'article L. 626-12 ni à celles des deuxième et troisième alinéas de l'article
L. 626-18. Les collectivités territoriales et leurs établissements publics ne
peuvent pas être membres du comité des principaux fournisseurs.
« Art. L. 626-31. - Lorsque le projet de plan a été adopté par les comités
conformément aux dispositions de l'article L. 626-30, le tribunal s'assure que
les intérêts de tous les créanciers sont suffisamment protégés. Dans ce cas, le
tribunal arrête le plan conformément au projet adopté et selon les modalités
prévues à la section 2 du présent chapitre. Sa décision rend applicables à tous
leurs membres les propositions acceptées par chacun des comités.
« Par dérogation aux dispositions de l'article L. 626-26, une modification
substantielle dans les objectifs ou les moyens du plan arrêté par le tribunal en
application du premier alinéa ne peut intervenir que selon les modalités prévues
par la présente section.
« Art. L. 626-32. - Lorsqu'il existe des obligataires, l'administrateur
judiciaire convoque les représentants de la masse, s'il y en a une, dans un
délai de quinze jours à compter de la transmission aux comités du projet de
plan, afin de le leur exposer.
« Les représentants de la masse convoquent ensuite une assemblée générale des
obligataires dans un délai de quinze jours, afin de délibérer sur ce projet.
Toutefois, en cas de carence ou d'absence des représentants de la masse dûment
constatée par le juge-commissaire, l'administrateur convoque l'assemblée
générale des obligataires.
« La délibération peut porter sur un abandon total ou partiel des créances
obligataires.
« Art. L. 626-33. - Les créanciers qui ne sont pas membres des comités institués
en application de l'article L. 626-30 sont consultés selon les dispositions des
articles L. 626-5 à L. 626-7. L'administrateur judiciaire exerce à cette fin la
mission confiée au mandataire judiciaire par ces dispositions.
« Les dispositions du plan relatives aux créanciers qui ne sont pas membres des
comités institués en application de l'article L. 626-30 sont arrêtées selon les
dispositions des articles L. 626-12 et L. 626-18 à L. 626-20.
« Art. L. 626-34. - Lorsque l'un ou l'autre des comités ne s'est pas prononcé
sur un projet de plan dans les délais fixés, qu'il a refusé les propositions qui
lui sont faites par le débiteur ou que le tribunal n'a pas arrêté le plan en
application de l'article L. 626-31, la procédure est reprise pour préparer un
plan dans les conditions prévues aux articles L. 626-5 à L. 626-7 afin qu'il
soit arrêté selon les dispositions des articles L. 626-12 et L. 626-18 à L.
626-20. La procédure est reprise suivant les mêmes modalités lorsque le débiteur
n'a pas présenté ses propositions de plan aux comités dans les délais fixés.
« Art. L. 626-35. - Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions
d'application de la présente section. »
Article 84
L'article L. 627-1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 627-1. - Les dispositions du présent chapitre sont applicables
lorsqu'il n'a pas été désigné d'administrateur judiciaire en application de
l'avant-dernier alinéa de l'article L. 621-4. Les autres dispositions du présent
titre sont applicables dans la mesure où elles ne sont pas contraires à celles
du présent chapitre. »
Article 85
L'article L. 627-2 est ainsi rédigé :
« Art. L. 627-2. - Le débiteur exerce, après avis conforme du mandataire
judiciaire, la faculté ouverte à l'administrateur de poursuivre des contrats en
cours en application de l'article L. 622-13. En cas de désaccord, le
juge-commissaire est saisi par tout intéressé. »
Article 86
L'article L. 627-3 est ainsi rédigé :
« Art. L. 627-3. - Pendant la période d'observation, le débiteur établit un
projet de plan avec l'assistance éventuelle d'un expert nommé par le tribunal.
« Le débiteur communique au mandataire judiciaire et au juge-commissaire les
propositions de règlement du passif prévues à l'article L. 626-5 et procède aux
informations et consultations prévues aux articles L. 623-3 et L. 626-8.
« Pour l'application de l'article L. 626-3, l'assemblée générale extraordinaire
ou l'assemblée des associés ainsi que, lorsque leur approbation est nécessaire,
les assemblées spéciales mentionnées aux articles L. 225-99 et L. 228-35-6 ou
les assemblées générales des masses visées à l'article L. 228-103 sont
convoquées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Le
juge-commissaire fixe le montant de l'augmentation du capital proposée à
l'assemblée pour reconstituer les capitaux propres. »
Article 87
L'article L. 627-4 est ainsi rédigé :
« Art. L. 627-4. - Après le dépôt au greffe du projet de plan par le débiteur,
le tribunal statue au vu du rapport du juge-commissaire »
Chapitre III
Dispositions relatives au redressement judiciaire
Article 88
Les articles L. 631-1 à L. 631-3 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 631-1. - Il est institué une procédure de redressement judiciaire
ouverte à tout débiteur mentionné aux articles L. 631-2 ou L. 631-3 qui, dans
l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est
en cessation des paiements.
« La procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite
de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif.
Elle donne lieu à un plan arrêté par jugement à l'issue d'une période
d'observation et, le cas échéant, à la constitution de deux comités de
créanciers, conformément aux dispositions des articles L. 626-29 et L. 626-30.
« Art. L. 631-2. - La procédure de redressement judiciaire est applicable à tout
commerçant, à toute personne immatriculée au répertoire des métiers, à tout
agriculteur, à toute autre personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante y compris une profession libérale soumise à un
statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, ainsi qu'à
toute personne morale de droit privé.
« Il ne peut être ouvert de nouvelle procédure de redressement judiciaire à
l'égard d'une personne soumise à une telle procédure ou à une procédure de
liquidation judiciaire, tant qu'il n'a pas été mis fin aux opérations du plan
qui en résulte ou que la procédure de liquidation n'a pas été clôturée.
« Art. L. 631-3. - La procédure de redressement judiciaire est également
applicable aux personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 631-2
après la cessation de leur activité professionnelle si tout ou partie de leur
passif provient de cette dernière.
« Lorsqu'un commerçant, une personne immatriculée au répertoire des métiers, un
agriculteur ou toute autre personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise à un
statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, est décédé en
cessation des paiements, le tribunal peut être saisi, dans le délai d'un an à
compter de la date du décès, sur l'assignation d'un créancier, quelle que soit
la nature de sa créance, ou sur requête du ministère public. Le tribunal peut
également se saisir d'office dans le même délai et peut être saisi sans
condition de délai par tout héritier du débiteur. »
Article 89
Les articles L. 631-4 à L. 631-9 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 631-4. - L'ouverture de cette procédure doit être demandée par le
débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des
paiements s'il n'a pas, dans ce délai, demandé l'ouverture d'une procédure de
conciliation.
« En cas d'échec de la procédure de conciliation, lorsqu'il ressort du rapport
du conciliateur que le débiteur est en cessation des paiements, le tribunal,
d'office, se saisit afin de statuer sur l'ouverture d'une procédure de
redressement judiciaire.
« Art. L. 631-5. - Lorsqu'il n'y a pas de procédure de conciliation en cours, le
tribunal peut également se saisir d'office ou être saisi sur requête du
ministère public aux fins d'ouverture de la procédure de redressement
judiciaire.
« Sous cette même réserve, la procédure peut aussi être ouverte sur
l'assignation d'un créancier, quelle que soit la nature de sa créance.
Toutefois, lorsque le débiteur a cessé son activité professionnelle, cette
assignation doit intervenir dans le délai d'un an à compter de :
« 1° La radiation du registre du commerce et des sociétés. S'il s'agit d'une
personne morale, le délai court à compter de la radiation consécutive à la
publication de la clôture des opérations de liquidation ;
« 2° La cessation de l'activité, s'il s'agit d'une personne immatriculée au
répertoire des métiers, d'un agriculteur ou d'une personne physique exerçant une
activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise
à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé ;
« 3° La publication de l'achèvement de la liquidation, s'il s'agit d'une
personne morale non soumise à l'immatriculation.
« En outre, la procédure ne peut être ouverte à l'égard d'un débiteur exerçant
une activité agricole qui n'est pas constitué sous la forme d'une société
commerciale que si le président du tribunal de grande instance a été saisi,
préalablement à l'assignation, d'une demande tendant à la désignation d'un
conciliateur présentée en application de l'article L. 351-2 du code rural.
« Art. L. 631-6. - Le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du
personnel peuvent communiquer au président du tribunal ou au ministère public
tout fait révélant la cessation des paiements du débiteur.
« Art. L. 631-7. - Les articles L. 621-1, L. 621-2 et L. 621-3 sont applicables
à la procédure de redressement judiciaire.
« Art. L. 631-8. - Le tribunal fixe la date de cessation des paiements. A défaut
de détermination de cette date, la cessation des paiements est réputée être
intervenue à la date du jugement qui la constate.
« Elle peut être reportée une ou plusieurs fois, sans pouvoir être antérieure de
plus de dix-huit mois à la date du jugement constatant la cessation des
paiements. Sauf cas de fraude, elle ne peut être reportée à une date antérieure
à la décision définitive ayant homologué un accord amiable en application du II
de l'article L. 611-8.
« Le tribunal est saisi par l'administrateur, le mandataire judiciaire ou le
ministère public. Il se prononce après avoir entendu ou dûment appelé le
débiteur.
« La demande de modification de date doit être présentée au tribunal dans le
délai d'un an après le jugement d'ouverture de la procédure.
« Art. L. 631-9. - Les articles L. 621-4 à L. 621-11 sont applicables à la
procédure de redressement judiciaire. Le tribunal peut se saisir d'office aux
fins mentionnées aux troisième et quatrième alinéas de l'article L. 621-4. »
Article 90
L'article L. 631-10 est ainsi modifié :
1° Dans le premier alinéa, les mots : « actions ou certificats d'investissement
ou de droit de vote » sont remplacés par les mots : « titres de capital ou
valeurs mobilières donnant accès au capital » ;
2° Dans la première phrase du deuxième alinéa, les mots : « actions et
certificats d'investissement ou de droit de vote » sont remplacés par les mots :
« titres de capital ou valeurs mobilières donnant accès au capital ».
Article 91
Dans l'article L. 631-11, les mots : « le chef d'entreprise » sont remplacés par
les mots : « le débiteur s'il est une personne physique ».
Article 92
Les articles L. 631-12 à L. 631-22 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 631-12. - Outre les pouvoirs qui leur sont conférés par le présent
titre, la mission du ou des administrateurs est fixée par le tribunal.
« Ce dernier les charge ensemble ou séparément d'assister le débiteur pour tous
les actes relatifs à la gestion ou certains d'entre eux, ou d'assurer seuls,
entièrement ou en partie, l'administration de l'entreprise. Lorsque le ou les
administrateurs sont chargés d'assurer seuls et entièrement l'administration de
l'entreprise et que chacun des seuils mentionnés au quatrième alinéa de
l'article L. 621-4 est atteint, le tribunal désigne un ou plusieurs experts aux
fins de les assister dans leur mission de gestion. Dans les autres cas, il a la
faculté de les désigner. Le président du tribunal arrête la rémunération de ces
experts, mise à la charge de la procédure.
« Dans sa mission, l'administrateur est tenu au respect des obligations légales
et conventionnelles incombant au débiteur.
« A tout moment, le tribunal peut modifier la mission de l'administrateur sur la
demande de celui-ci, du mandataire judiciaire, du ministère public ou d'office.
« L'administrateur fait fonctionner, sous sa signature, les comptes bancaires ou
postaux dont le débiteur est titulaire quand ce dernier a fait l'objet des
interdictions prévues aux articles L. 131-72 ou L. 163-6 du code monétaire et
financier.
« Art. L. 631-13. - Dès l'ouverture de la procédure, les tiers sont admis à
soumettre à l'administrateur des offres tendant au maintien de l'activité de
l'entreprise, par une cession totale ou partielle de celle-ci selon les
dispositions de la section 1 du chapitre II du titre IV.
« Art. L. 631-14. - I. - Les articles L. 622-2 à L. 622-9 et L. 622-13 à L.
622-33 sont applicables à la procédure de redressement judiciaire.
« II. - Toutefois, les personnes physiques coobligées ou ayant consenti un
cautionnement ou une garantie autonome ne peuvent se prévaloir des dispositions
prévues au premier alinéa de l'article L. 622-28.
« Art. L. 631-15. - I. - Au plus tard au terme d'un délai de deux mois à compter
du jugement d'ouverture, le tribunal ordonne la poursuite de la période
d'observation s'il lui apparaît que l'entreprise dispose à cette fin de
capacités de financement suffisantes. Toutefois, lorsque le débiteur exerce une
activité agricole, ce délai peut être modifié en fonction de l'année culturale
en cours et des usages spécifiques aux productions de cette exploitation.
« Le tribunal se prononce au vu d'un rapport, établi par l'administrateur ou,
lorsqu'il n'en a pas été désigné, par le débiteur.
« II. - A tout moment de la période d'observation, le tribunal, à la demande du
débiteur, de l'administrateur, du mandataire judiciaire, d'un contrôleur, du
ministère public ou d'office, peut ordonner la cessation partielle de l'activité
ou prononce la liquidation judiciaire si les conditions prévues à l'article L.
640-1 sont réunies.
« Il statue après avoir entendu ou dûment appelé le débiteur, l'administrateur,
le mandataire judiciaire, les contrôleurs et les représentants du comité
d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, et avoir recueilli l'avis
du ministère public.
« Lorsque le tribunal prononce la liquidation, il met fin à la période
d'observation et, sous réserve des dispositions de l'article L. 641-10, à la
mission de l'administrateur.
« Art. L. 631-16. - S'il apparaît, au cours de la période d'observation, que le
débiteur dispose des sommes suffisantes pour désintéresser les créanciers et
acquitter les frais et les dettes afférents à la procédure, le tribunal peut
mettre fin à celle-ci.
« Il statue à la demande du débiteur, dans les conditions prévues au deuxième
alinéa du II de l'article L. 631-l5.
« Art. L. 631-17. - Lorsque des licenciements pour motif économique présentent
un caractère urgent, inévitable et indispensable pendant la période
d'observation, l'administrateur peut être autorisé par le juge-commissaire à
procéder à ces licenciements.
« Préalablement à la saisine du juge-commissaire, l'administrateur consulte le
comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel dans les conditions
prévues à l'article L. 321-9 du code du travail et informe l'autorité
administrative compétente mentionnée à l'article L. 321-8 du même code. Il
joint, à l'appui de la demande qu'il adresse au juge-commissaire, l'avis
recueilli et les justifications de ses diligences en vue de faciliter
l'indemnisation et le reclassement des salariés.
« Art. L. 631-18. - I. - Les dispositions des chapitres III, IV et V du titre II
du présent livre sont applicables à la procédure de redressement judiciaire.
« II. - Toutefois, le recours prévu au premier alinéa de l'article L. 624-3 est
également ouvert à l'administrateur lorsque celui-ci a pour mission d'assurer
l'administration de l'entreprise.
« Pour l'application de l'article L. 625-1, le mandataire judiciaire cité devant
le conseil de prud'hommes ou, à défaut, le demandeur appelle devant la
juridiction prud'homale les institutions visées à l'article L. 143-11-4 du code
du travail.
« En outre, pour l'application de l'article L. 625-3 du présent code, les
institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail sont mises
en cause par le mandataire judiciaire ou, à défaut, par les salariés requérants,
dans les dix jours du jugement d'ouverture de la procédure de redressement
judiciaire ou du jugement convertissant une procédure de sauvegarde en procédure
de redressement. De même, les instances en cours devant la juridiction
prud'homale à la date du jugement d'ouverture sont poursuivies en présence de
l'administrateur, lorsqu'il a pour mission d'assurer l'administration, ou
celui-ci dûment appelé.
« Art. L. 631-19. - I. - Les dispositions du chapitre VI du titre II sont
applicables au plan de redressement.
« II. - Lorsque le plan prévoit des licenciements pour motif économique, il ne
peut être arrêté par le tribunal qu'après que le comité d'entreprise ou, à
défaut, les délégués du personnel ont été consultés dans les conditions prévues
à l'article L. 321-9 du code du travail et que l'autorité administrative
compétente mentionnée à l'article L. 321-8 du même code a été informée.
« Le plan précise notamment les licenciements qui doivent intervenir dans le
délai d'un mois après le jugement. Dans ce délai, ces licenciements
interviennent sur simple notification de l'administrateur, sous réserve des
droits de préavis prévus par la loi, les conventions ou accords collectifs du
travail.
« Art. L. 631-20. - Par dérogation aux dispositions de l'article L. 626-11, les
coobligés et les personnes ayant consenti un cautionnement ou une garantie
autonome ne peuvent se prévaloir des dispositions du plan.
« Art. L. 631-21. - Les dispositions du chapitre VII du titre II sont
applicables au plan de redressement.
« Pendant la période d'observation, l'activité est poursuivie par le débiteur
qui exerce les prérogatives dévolues à l'administrateur par l'article L. 631-17
et procède aux notifications prévues au second alinéa du II de l'article L.
631-19.
« Le mandataire judiciaire exerce les fonctions dévolues à l'administrateur par
les deuxième et troisième alinéas de l'article L. 631-10.
« Art. L. 631-22. - Au vu du rapport de l'administrateur, le tribunal peut
ordonner la cession totale ou partielle de l'entreprise si le débiteur est dans
l'impossibilité d'en assurer lui-même le redressement. A l'exception du I de
l'article L. 642-2, les dispositions de la section 1 du chapitre II du titre IV
sont applicables à cette cession. Le mandataire judiciaire exerce les missions
dévolues au liquidateur.
« L'administrateur reste en fonction pour passer tous les actes nécessaires à la
réalisation de la cession. »
Article 93
Dans le premier alinéa du I de l'article L. 632-1, les mots : « auront été faits
par le débiteur » sont remplacés par les mots : « sont intervenus ».
Article 94
Le I de l'article L. 632-1 est complété par un 8° ainsi rédigé :
« 8° Toute autorisation, levée et revente d'options définies aux articles L.
225-177 et suivants du présent code. »
Article 95
L'article L. 632-2 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Tout avis à tiers détenteur, toute saisie attribution ou toute opposition peut
également être annulé lorsqu'il a été délivré ou pratiqué par un créancier après
la date de cessation des paiements et en connaissance de celle-ci. »
Article 96
La première phrase de l'article L. 632-4 est ainsi rédigée :
« L'action en nullité est exercée par l'administrateur, le mandataire
judiciaire, le commissaire à l'exécution du plan, le liquidateur ou le ministère
public. »
Chapitre IV
Dispositions relatives à la liquidation judiciaire
Article 97
Les articles L. 640-1 à L. 640-6 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 640-1. - Il est institué une procédure de liquidation judiciaire
ouverte à tout débiteur mentionné à l'article L. 640-2 en cessation des
paiements et dont le redressement est manifestement impossible.
« La procédure de liquidation judiciaire est destinée à mettre fin à l'activité
de l'entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale
ou séparée de ses droits et de ses biens.
« Art. L. 640-2. - La procédure de liquidation judiciaire est applicable à tout
commerçant, à toute personne immatriculée au répertoire des métiers, à tout
agriculteur, à toute autre personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante y compris une profession libérale soumise à un
statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, ainsi qu'à
toute personne morale de droit privé.
« Il ne peut être ouvert de nouvelle procédure de liquidation judiciaire à
l'égard d'une personne soumise à une telle procédure tant que celle-ci n'a pas
été clôturée.
« Art. L. 640-3. - La procédure de liquidation judiciaire est également ouverte
aux personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 640-2 après la
cessation de leur activité professionnelle, si tout ou partie de leur passif
provient de cette dernière.
« Lorsqu'un commerçant, une personne immatriculée au répertoire des métiers, un
agriculteur ou toute autre personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise à un
statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, est décédé en
cessation des paiements, le tribunal peut être saisi, dans le délai d'un an à
compter de la date du décès, sur l'assignation d'un créancier, quelle que soit
la nature de sa créance, ou sur requête du ministère public. Le tribunal peut
également se saisir d'office dans le même délai. Il peut être saisi sans
condition de délai par tout héritier du débiteur.
« Art. L. 640-4. - L'ouverture de cette procédure doit être demandée par le
débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des
paiements, s'il n'a pas dans ce délai demandé l'ouverture d'une procédure de
conciliation.
« En cas d'échec de la procédure de conciliation, si le tribunal, statuant en
application du second alinéa de l'article L. 631-4, constate que les conditions
mentionnées à l'article L. 640-1 sont réunies, il ouvre une procédure de
liquidation judiciaire.
« Art. L. 640-5. - Lorsqu'il n'y a pas de procédure de conciliation en cours, le
tribunal peut également se saisir d'office ou être saisi sur requête du
ministère public aux fins d'ouverture de la procédure de liquidation judiciaire.
« Sous cette même réserve, la procédure peut aussi être ouverte sur
l'assignation d'un créancier, quelle que soit la nature de sa créance.
Toutefois, lorsque le débiteur a cessé son activité professionnelle, cette
assignation doit intervenir dans le délai d'un an à compter de :
« 1° La radiation du registre du commerce et des sociétés. S'il s'agit d'une
personne morale, le délai court à compter de la radiation consécutive à la
publication de la clôture des opérations de liquidation ;
« 2° La cessation de l'activité, s'il s'agit d'une personne immatriculée au
répertoire des métiers, d'un agriculteur ou d'une personne physique exerçant une
activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise
à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé ;
« 3° La publication de l'achèvement de la liquidation, s'il s'agit d'une
personne morale non soumise à l'immatriculation.
« En outre, la procédure ne peut être ouverte à l'égard d'un débiteur exerçant
une activité agricole qui n'est pas constitué sous la forme d'une société
commerciale que si le président du tribunal de grande instance a été saisi,
préalablement à l'assignation, d'une demande tendant à la désignation d'un
conciliateur présentée en application de l'article L. 351-2 du code rural.
« Art. L. 640-6. - Le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du
personnel peuvent communiquer au président du tribunal ou au ministère public
tout fait révélant la cessation des paiements du débiteur. »
Article 98
L'article L. 641-1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-1. - I. - Les articles L. 621-1 et L. 621-2 sont applicables à la
procédure de liquidation judiciaire.
« II. - Dans le jugement qui ouvre la liquidation judiciaire, le tribunal
désigne le juge-commissaire et, en qualité de liquidateur, un mandataire
judiciaire inscrit ou une personne choisie sur le fondement du premier alinéa du
II de l'article L. 812-2. Le tribunal peut, soit sur proposition du
juge-commissaire ou à la demande du ministère public, soit d'office, procéder au
remplacement du liquidateur ou lui adjoindre un ou plusieurs liquidateurs. Le
débiteur ou un créancier peut demander au juge-commissaire de saisir à cette fin
le tribunal.
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'ordre professionnel
ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève peut saisir le
ministère public aux fins mentionnées au premier alinéa.
« Un représentant des salariés est désigné dans les conditions prévues au
deuxième alinéa de l'article L. 621-4. Il est remplacé dans les conditions
prévues au cinquième alinéa de l'article L. 621-7. Il exerce la mission prévue à
l'article L. 625-2.
« Les contrôleurs sont désignés et exercent leurs attributions dans les mêmes
conditions que celles prévues au titre II.
« III. - Lorsque la liquidation judiciaire est prononcée au cours de la période
d'observation d'une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire, le
tribunal nomme le mandataire judiciaire en qualité de liquidateur. Toutefois, le
tribunal peut, par décision motivée, à la demande de l'administrateur, d'un
créancier, du débiteur ou du ministère public, désigner en qualité de
liquidateur une autre personne dans les conditions prévues à l'article L. 812-2.
« Le tribunal peut procéder au remplacement du liquidateur ou lui adjoindre un
ou plusieurs liquidateurs suivant les règles prévues au II du présent article.
« Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'ordre professionnel
ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève peut saisir le
ministère public aux fins mentionnées aux deux premiers alinéas du présent III.
« IV. - La date de cessation des paiements est fixée dans les conditions prévues
à l'article L. 631-8. »
Article 99
L'article L. 641-2 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-2. - Le liquidateur établit dans le mois de sa désignation un
rapport sur la situation du débiteur, sauf si le tribunal prononce la
liquidation judiciaire au cours d'une période d'observation. Les dispositions du
second alinéa de l'article L. 621-9 sont applicables.
« La procédure de liquidation judiciaire simplifiée prévue au chapitre IV du
présent titre est applicable s'il apparaît que l'actif du débiteur ne comprend
pas de bien immobilier, que le nombre de ses salariés au cours des six mois
précédant l'ouverture de la procédure et que son chiffre d'affaires hors taxes
sont égaux ou inférieurs à des seuils fixés par décret en Conseil d'Etat. »
Article 100
L'article L. 641-3 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-3. - Le jugement qui ouvre la liquidation judiciaire a les mêmes
effets que ceux qui sont prévus en cas de sauvegarde par les premier et
quatrième alinéas de l'article L. 622-7 et par les articles L. 622-21, L.
622-22, L. 622-28 et L. 622-30.
« Les créanciers déclarent leurs créances au liquidateur selon les modalités
prévues aux articles L. 622-24 à L. 622-27 et L. 622-31 à L. 622-33. »
Article 101
L'article L. 641-4 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-4. - Le liquidateur procède aux opérations de liquidation en même
temps qu'à la vérification des créances. Il peut introduire ou poursuivre les
actions qui relèvent de la compétence du mandataire judiciaire.
« Il n'est pas procédé à la vérification des créances chirographaires s'il
apparaît que le produit de la réalisation de l'actif sera entièrement absorbé
par les frais de justice et les créances privilégiées, à moins que, s'agissant
d'une personne morale, il n'y ait lieu de mettre à la charge des dirigeants
sociaux de droit ou de fait tout ou partie du passif conformément aux articles
L. 651-2 et L. 652-1.
« Le liquidateur exerce les missions dévolues à l'administrateur et au
mandataire judiciaire par les articles L. 622-6, L. 622-20, L. 622-22, L.
622-23, L. 624-17, L. 625-3, L. 625-4 et L. 625-8.
« Aux fins de réaliser l'inventaire prévu à l'article L. 622-6, le tribunal
désigne un commissaire-priseur judiciaire, un huissier, un notaire ou un
courtier en marchandises assermenté.
« Une prisée des actifs du débiteur est effectuée par les personnes visées au
quatrième alinéa.
« Les licenciements auxquels procède le liquidateur en application de la
décision prononçant la liquidation sont soumis aux dispositions des articles L.
321-8 et L. 321-9 du code du travail. »
Article 102
L'article L. 641-5 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-5. - Lorsque la liquidation judiciaire est prononcée au cours de
la période d'observation d'une procédure de sauvegarde ou de redressement
judiciaire, le liquidateur procède aux opérations de liquidation en même temps
qu'il achève éventuellement la vérification des créances et qu'il établit
l'ordre des créanciers. Il poursuit les actions introduites avant le jugement de
liquidation, soit par l'administrateur, soit par le mandataire judiciaire, et
peut introduire les actions qui relèvent de la compétence du mandataire
judiciaire. »
Article 103
L'article L. 641-7 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-7. - Le liquidateur tient informés, au moins tous les trois mois,
le juge-commissaire, le débiteur et le ministère public du déroulement des
opérations. »
Article 104
L'article L. 641-9 est ainsi modifié :
1° Au début du premier alinéa, il est inséré un « I » ;
2° Dans le deuxième alinéa, les mots : « , s'il limite son action à la poursuite
de l'action publique sans solliciter de réparation civile » sont supprimés ;
3° Le I est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le débiteur accomplit également les actes et exerce les droits et actions qui
ne sont pas compris dans la mission du liquidateur ou de l'administrateur
lorsqu'il en a été désigné. » ;
4° Sont ajoutés un II et un III ainsi rédigés :
« II. - Lorsque le débiteur est une personne morale, les dirigeants sociaux en
fonction lors du prononcé du jugement de liquidation judiciaire le demeurent,
sauf disposition contraire des statuts ou décision de l'assemblée générale. En
cas de nécessité, un mandataire peut être désigné en leur lieu et place par
ordonnance du président du tribunal sur requête de tout intéressé, du
liquidateur ou du ministère public.
« Le siège social est réputé fixé au domicile du représentant légal de
l'entreprise ou du mandataire désigné.
« III. - Lorsque le débiteur est une personne physique, il ne peut exercer, au
cours de la liquidation judiciaire, aucune des activités mentionnées au premier
alinéa de l'article L. 640-2. »
Article 105
L'article L. 641-10 est ainsi modifié :
1° Dans le premier alinéa, les mots : « Si l'intérêt public » sont remplacés par
les mots : « Si la cession totale ou partielle de l'entreprise est envisageable
ou si l'intérêt public », les mots : « procureur de la République » sont
remplacés par les mots : « ministère public », et la référence : « L. 621-32 »
est remplacée par la référence : « L. 641-13 » ;
2° Les deuxième et troisième alinéas sont remplacés par six alinéas ainsi
rédigés :
« Le liquidateur administre l'entreprise. Il a la faculté d'exiger l'exécution
des contrats en cours et exerce les prérogatives conférées à l'administrateur
judiciaire par l'article L. 622-13.
« Dans les conditions prévues à l'article L. 631-17, il peut procéder aux
licenciements.
« Le cas échéant, il prépare un plan de cession, passe les actes nécessaires à
sa réalisation, en reçoit et en distribue le prix.
« Toutefois, lorsque le nombre des salariés ou le chiffre d'affaires est
supérieur à des seuils fixés par décret en Conseil d'Etat ou, en cas de
nécessité, le tribunal désigne un administrateur judiciaire pour administrer
l'entreprise. Dans ce cas, par dérogation aux alinéas qui précèdent,
l'administrateur est soumis aux dispositions de l'article L. 622-13. Il prépare
le plan de cession, passe les actes nécessaires à sa réalisation et, dans les
conditions prévues à l'article L. 631-17, peut procéder aux licenciements.
« Lorsque l'administrateur ne dispose pas des sommes nécessaires à la poursuite
de l'activité, il peut, sur autorisation du juge-commissaire, se les faire
remettre par le liquidateur.
« Le liquidateur ou l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, exerce les
fonctions conférées, selon le cas, à l'administrateur ou au mandataire
judiciaire par les articles L. 622-4 et L. 624-6. »
Article 106
L'article L. 641-11 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-11. - Le juge-commissaire exerce les compétences qui lui sont
dévolues par les articles L. 621-9, L. 623-2 et L. 631-11, par le premier alinéa
de l'article 622-13 et le quatrième alinéa de l'article L. 622-16.
« Les renseignements détenus par le ministère public lui sont communiqués selon
les règles prévues au deuxième alinéa de l'article 621-8.
« Le liquidateur et l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, reçoivent du
juge-commissaire tous les renseignements utiles à l'accomplissement de leur
mission. »
Article 107
L'article L. 641-12 est ainsi modifié :
1° Le deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :
« En cas de cession du bail, les dispositions de l'article 622-15 sont
applicables. » ;
2° Le quatrième alinéa est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :
« Le bailleur peut demander la résiliation judiciaire ou faire constater la
résiliation de plein droit du bail pour des causes antérieures au jugement de
liquidation judiciaire ou, lorsque ce dernier a été prononcé après une procédure
de sauvegarde ou de redressement judiciaire, au jugement d'ouverture de la
procédure qui l'a précédé. Il doit, s'il ne l'a déjà fait, introduire sa demande
dans les trois mois de la publication du jugement de liquidation judiciaire.
« Le bailleur peut également demander la résiliation judiciaire ou faire
constater la résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement des
loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de
liquidation judiciaire, dans les conditions prévues aux troisième à cinquième
alinéas de l'article L. 622-14. »
Article 108
L'article L. 641-13 est ainsi rédigé :
« Art. L. 641-13. - I. - Les créances nées régulièrement après le jugement qui
ouvre ou prononce la liquidation judiciaire ou, dans ce dernier cas, après le
jugement d'ouverture de la procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire
qui l'a précédée, pour les besoins du déroulement de la procédure, pour les
besoins, le cas échéant, de la période d'observation antérieure, ou en raison
d'une prestation fournie au débiteur, pour son activité professionnelle
postérieure à l'un de ces jugements, sont payées à leur échéance.
« II. - Si elles ne sont pas payées à l'échéance, elles sont payées par
privilège avant toutes les autres créances à l'exception de celles qui sont
garanties par le privilège établi aux articles L. 143-10, L. 143-11, L. 742-6 et
L. 751-15 du code du travail, de celles qui sont garanties par le privilège des
frais de justice, de celles qui sont garanties par le privilège établi par
l'article L. 611-11 du présent code et de celles qui sont garanties par des
sûretés immobilières ou par des sûretés mobilières spéciales assorties d'un
droit de rétention ou constituées en application du chapitre V du titre II du
livre V.
« III. - Leur paiement se fait dans l'ordre suivant :
« 1° Les créances de salaires dont le montant n'a pas été avancé en application
des articles L. 143-11-1 à L. 143-11-3 du code du travail ;
« 2° Les frais de justice ;
« 3° Les prêts consentis ainsi que les créances résultant de la poursuite
d'exécution des contrats en cours conformément aux dispositions de l'article L.
622-13 du présent code et dont le cocontractant accepte de recevoir un paiement
différé ; ces prêts et délais de paiement sont autorisés par le juge-commissaire
dans la limite nécessaire à la poursuite de l'activité et font l'objet d'une
publicité. En cas de résiliation d'un contrat régulièrement poursuivi, les
indemnités et pénalités sont exclues du bénéfice du présent article ;
« 4° Les sommes dont le montant a été avancé en application du 3° de l'article
L. 143-11-1 du code du travail ;
« 5° Les autres créances, selon leur rang.
« IV. - Les créances impayées perdent le privilège que leur confère le présent
article si elles n'ont pas été portées à la connaissance du mandataire
judiciaire, de l'administrateur lorsqu'il en est désigné ou du liquidateur, dans
le délai de six mois à compter de la publication du jug
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